Quels dangers autour de la pratique de la respiration?

La pratique de techniques respiratoires est à la mode . Leur popularité vient du fait que ce soit simple à mettre en oeuvre, peu coûteux en temps, énergie ou argent et que les effets se font sentir très vite. Pourtant cette pratique n’est pas sans danger. Néanmoins, lorsque l’on travaille la respiration, on sollicite notre bio-mécanique, notre physiologie et notre mental. Or, comme pour toute sollicitation d’un mécanisme, il peut y avoir des pannes ou de la casse. Pour écrire cet article, je me suis intéressé aux dégâts décrits causés par la pratique de la respiration. Non pas pour faire peur, mais pour faire prendre conscience que ce type de pratique est un véritable exercice qu’il faut faire avec attention, mesure et progressivité. Comme toute pratique sérieuse en fait…

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Pulse oximeter: le test!

Le respiration ne demande pas de matériel pour être travaillée. On peut accélérer ce travail avec des outils qui permettent d’apporter un peu de résistance si on veut aller plus vite mais ce n’est pas essentiel. Par contre, des outils non invasifs pour mesurer les effets de la respiration sont utiles pour objectiver la pratique et parfois la surveiller. C’est le cas des oximètres. Les oximètres permettent de monitorer la saturation en oxygène  et la fréquence cardiaque en temps réel. Pourquoi est-ce intéressant? Parce que vous pouvez mesurer l’équilibre de votre système végétatif en temps réel et l’état de votre saturation sanguine. Deux paramètres que l’on cherche à modifier avec la respiration. Récemment, j’ai acheté le Pulse oximeter et honnêtement, j’en suis très satisfait. Un vrai plus pour améliorer et contrôler ma pratique.

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La marche respiratoire: une méditation en mouvement

La marche respiratoire est certainement un des exercices les plus pratiques à exécuter et l’un des plus simples. Malgré cela, il permet de développer des aptitudes intéressantes. De plus, sa pratique ressemble fortement à certains types de méditation. Tout un tas de raisons de la pratiquer. Dans cet article, je vais donc donner les instructions de base pour bien réaliser la marche respiratoire et détailler les raisons pour lesquelles c’est une pratique à intégrer au quotidien.

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Retarder le vieillissement cellulaire par la respiration???

Si je vous dis que le stress, fumer, manger mal, une faible activité physique ou mal respirer raccourcissent votre espérance de vie je vous surprend? Probablement pas. Par contre, si je vous dis que respirer correctement allonge cette espérance de vie me croirez-vous? C’est pourtant ce qu’il ressort d’une revue de la littérature scientifique sur l’effet du Yoga, et en particulier de la composante pranayama (autrement dit la respiration) sur le vieillissement. Mieux, l’impact de la pratique semble se situer au niveau cellulaire! C’est ce dont je vais parler dans cet article.

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Test de produit: Expand-A-Lung

Augmenter ses performances respiratoires et renforcer les muscles de la chaîne respiratoire peut se faire par des exercices respiratoires. Cependant, à l’image de la musculation classique, avoir une résistance extérieure accélère les choses. J’ai déjà testé la marque powerbreathe. Le produit est intéressant, pratique mais a un gros désavantage: il ne permet de travailler que l’inspiration. Un médecin m’a récemment parlé de la marque expand-a-lung, une marque américaine également. Son avantage? Travail à la fois de l’inspiration et de l’expiration. C’est ce que nous allons voir ici.

Expand-A-lung: une marque américaine phare

 

Expand-A-lung est un concurrent sérieux à la marque powerbreathe. D’un point de vue marketing, de nombreux athlètes l’utilisent et surtout, il a été adopté dans la préparation des nageurs de combat des NAVY SEALS.

Deux publications scientifiques dans des journaux à comité de lecture ont également été réalisées sur ce produit. Dans le premier, l’utilisation de l’appareil a augmenté de 300 % l’endurance respiratoire tandis que dans la deuxième, 33% d’augmentation dans le temps de nage chez des nageurs. Il est intéressant de noter que ces augmentations ont été obtenues qu’avec un entraînement respiratoire isolé.

C’est ce que je pratique souvent sur moi ou lors de coaching, mais la plupart du temps sans matériel. Ici, la promesse est de faire la même chose en s’entraînant seulement 7 minutes par jour.

Expand-A-Lung a également été testé pour corriger des problèmes respiratoires. Souffle court, apnée du sommeil et asthme. Tous ces problèmes peuvent être réglés par certains protocoles respiratoires mais l’avantage de l’expand-A-lung est d’être très simple à utiliser.

 

Les caractéristiques d’utilisation d’Expand-A-Lung

 

La force d’Expand-A-Lung par rapport au powerbreathe est clairement le travail d’inspiration et d’expiration en résistance. En effet, à l’inverse du powerbreathe, cet appareil permet d’être en résistance aussi à l’expiration. Ceci rend donc la respiration très vite compliquée. Ce détail est important parc qu’il permet de ne pas déséquilibrer la respiration dans un sens plutôt que dans l’autre.

Au niveau de la prise, il se présente comme un embout de tuba et se tient en bouche facilement. Etant assez léger, il permet d’être utilisé pendant le sport. Je ne l’ai pas essayé dans ce cadre, mais il semble qu’il soit utilisable même pour ceux qui font de la natation. Néanmoins, je pense que le niveau de difficulté sera trop élevé .

En terme de difficulté justement, l’utilisation d’Expand-A-Lung permet de varier le niveau. L’utilisation d’une molette permet de régler la résistance de difficulté. Pour être honnête, le niveau de difficulté maximal, je n’arrive pas à le tenir plus d’une ou deux minutes. Pour les autres niveaux, on sent vraiment bien que l’on travaille.

 

Le point négatif: un déséquilibre de la structure corporelle

 

Expand-A-Lung est un très bon produit pour augmenter la capacité pulmonaire et également la tolérance au manque d’air. Néanmoins, il y a un problème à cet appareil: il déséquilibre la posture. Le fait de respirer par la bouche change en effet la zone de travail musculaire. Si on y prête attention, cela déséquilibre en fait vers l’avant, ce qui est normal si on force la respiration par la bouche.

Par conséquent, je ne suis pas sûr que travailler autre chose que la tolérance au manque d’air et la capacité pulmonaire soit possible. En effet, travailler des exercices sportifs spécifiques par exemple avec cet outil modifiera la posture et peut perturber la technique. Je pense qu’il faut donc s’en tenir aux sept minutes recommandées.

 

Conclusion

D’un point de vue santé, je pense que Expand-A-Lung est un bon produit. D’un point de vue sportif également si on s’en tient à l’aspect ventilatoire. Par contre, ce n’est pas encore pour moi un produit idéal parce qu’il développe trop la voie respiratoire buccale.

Si on compare au powerbreathe, il est plus intéressant par le côté inspiration et expiration. Par contre, l’avantage du powerbreathe est que l’on conserve une part de travail respiratoire par le nez. A chacun de faire son choix donc.

Je cherche donc toujours le produit idéal pour travailler la respiration, mais pour l’instant, je n’en ai pas trouvé qui valent plus que les protocoles que j’utilisent actuellement.

 

A bientôt

 

Yvan

 

 

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Miracle Morning: trouver une heure pour soi par jour!

Un des problèmes récurrents des gens à qui j’enseigne la respiration est le manque de temps. Souvent, trouver une demi-heure pour la pratique leur semble être le bout du monde. Les raisons sont nombreuses et très valables! Fatigue professionnelle, longs temps de trajet, vie familiale… Pire, même lorsqu’on est chez soi, on doit gérer des petites choses à faire qui en s’accumulant nos empêchent de trouver 30 minutes d’affilées que l’on pourra consacrer à prendre soin de nous!

Du coup, savoir qu’une pratique qui nous fait du bien est à notre portée mais que nous n’avons juste pas le temps de la mettre en oeuvre est souvent source de frustration qui mène à l’abandon.

Dans cet article, je vais vous proposer une solution qui vous permettra de dégager ce temps pour vous. Ce n’est pas directement lié à la respiration mais personnellement, j’utilise ce créneau pour la pratiquer. Cette solution est une méthode appelée le Miracle Morning et elle peut grandement améliorer votre vie quotidienne!

 

 

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Cinq exercices respiratoires contre le stress

Je suis récemment venu vers vous pour vous demander quelle thématique vous intéresserait dans le cadre d’un programme de formation. Vous avez largement choisi le thème: gestion du stress et de l’anxiété par la respiration. Je vais donc travailler là-dessus… En attendant, je vais vous donner dans cet article cinq exercices qui ont des vertus anti-stress. En effet, que ce soit mécaniquement, physiologiquement ou psychologiquement, chacune de ces techniques permet d’éliminer le stress du corps.

technique anti-stress

 

Le problème du stress

Le stress est une réponse adaptative du corps à une contrainte. La source de cette réponse peut être multiple (environnementale, corporelle, sociale, psychologique…). Néanmoins, malgré la grande variété de possibilités, la réponse du corps sera toujours la même. Le stress en soi est quelque chose de nécessaire puisqu’il est le garant de notre capacité d’adaptation. Pourtant, bien que nécessaire, cette adaptation est très coûteuse en énergie. En temps normal, ce n’est pas un gros problème puisqu’on pourra récupérer en allant manger un peu ou dormir. 

Le soucis du stress est lorsqu’il devient chronique. En effet, si vous avez une source de stress constamment dans votre environnement, il y a toutes les chances pour que votre corps réagissent en permanence et active ses systèmes d’adaptation. C’est là où ça devient un problème: impossible de récupérer de façon passive. On parle alors de stress chronique.

La solution si on ne peut pas éliminer la source (surtout si c’est une personne…) est alors d’avoir une démarche active de récupération et de blocage du processus d’adaptation qui devient alors inutile.

La réponse du corps en cas de stress chronique

Le corps va répondre au stress de plusieurs façons mais qui seront toujours les mêmes. La seule différence est dans la variation de l’intensité. Le corps va activer le système nerveux orthosympathique. Il va accélérer le métabolisme. il va tendre les muscles. Voyons chacun des effets.

L’activation permanente de l’orthosympathique va empêcher de mettre le corps au repos. L’accélération du métabolisme va faire brûler beaucoup plus d’énergie. Les muscles tendus vont créer des tensions et des douleurs.

Dans l’ordre il faudra donc calmer le système nerveux, relâcher les muscles et récupérer de l’énergie. Dans cet article, nous allons nous intéressé aux deux premiers points.

Premier exercice: la balance respiratoire pour rééquilibrer le système autonome

Ce premier exercice ressemble fortement à la cohérence cardiaque. On va inspirer tranquillement par le nez sur 4 temps, expirer sur 4 temps par le nez. L’utilisation du nez est importante puisqu’il va donner la possibilité de créer une résistance à l’air empêchant une prise trop importante. En effet, en cas de stress chronique, on a tendance à trop respirer par rapport à l’effort demandé.

Le but de cet exercice est de rééquilibrer la balance sympathique/parasympathique. Pourquoi alors ne pas utiliser la cohérence cardiaque? Parce que pour quelqu’un de stressé, voir angoissé, un compte de 6 secondes est trop difficile. En effet, à cause de la contraction musculaire de la chaîne respiratoire entre autres, la respiration devient difficile. Il est donc préférable de faire un compte de 4 auquel chacun peut s’adapter; avec le temps, cet exercice se transformera rapidement en un exercice de cohérence cardiaque.

Deuxième exercice: la respiration abdominale

Lorsque l’on stresse ou que l’on angoisse, il y a une énorme tension au niveau de la poitrine et au niveau du diaphragme. Le but de ce second exercice est de venir rééquilibrer cette zone de tension en sollicitant l’abdomen. On va donc mettre en place une respiration abdominale. 

En pratique, c’est la première phase de la respiration naturelle mais on ne va pas chercher à faire monter la respiration dans le thorax. Ou plutôt, si vous êtes stressé, vous n’y arriverez pas facilement et justement n’essayez pas de le faire. Contentez vous pendant dix minutes de laisser votre expiration démarrer dès que cela vous demande un effort d’inspirer. Si vous êtes sujets au stress chronique, pratiquez cette respiration tous les jours pendant un mois pour voir des changements et une libération de la zone thoracique.

Troisième exercice: le contracté-relâché pour enlever les tensions physiques liées au stress

Cet exercice peut se faire couché mais je le préfère debout. Sur l’inspiration, contractez les pieds, les jambes, le buste les bras puis la tête, sur l’expiration faîtes l’inverse. Dix fois dans ce sens, dix fois en faisant l’inspiration en contractant à partir de la tête.

L’intérêt ici est encore une fois de faire bouger les zones de tensions du corps afin de mieux les répartir. En utilisant bien la respiration, la prise de conscience des zones non tendues à tendre et des zones non relâchées à relâcher seront plus évidentes.

Quatrième exercice: le Kapalabhati pour éliminer le stress qui s’accumule

Issu de la tradition indienne, cet exercice est également très bien pour éliminer l’énergie qui s’accumule dans le corps sans s’évacuer. Inspirez le plus possible mais le plus lentement possible. Lorsque vous êtes à bloc, expirez violemment en contractant les abdos.

Quand votre mouvement est pris, vous allez pouvoir augmenter le rythme. Prenez une inspiration sur 2 secondes au maximum puis expirez en contractant violemment. Faîtes ça dix fois.

Attention, ne faîtes pas cet exercice en allant vous couchez. Faîtes le avant un moment stressant ou juste après. En effet, cet exercice met un bon coup de fouet et vous positionne très fortement dans l’instant présent. Vous serez donc très lucide, à l’inverse du sommeil.

Cinquième exercice: la respiration guidée contre le stress mental

Cet exercice consiste à être guidé pour déplacer sa respiration dans diverses parties du corps. En amenant de la conscience dans tout le corps, les tensions vont diminuer fortement. De même, en occupant l’esprit, vous allez vous détendre.

Avec un peu d’expérience, ce genre de techniques permet d’immédiatement aller relâcher une zone donnée. J’ai publié une respiration guidée il y a quelques temps vous pouvez la retrouver ici.

Conclusion

Voici donc cinq exercices pour alléger le stress et qui s’adressent à des gens déjà stressés ou angoissés; Il y a d’autres exercices sur ce blog qui aident à faire partir le stress ou à mieux le gérer. Néanmoins, ils peuvent pour certains être trop compliqués à mettre en oeuvre. C’est pour cela que ces cinq exercices sont aussi pratiques. Il sont également l’avantage de jouer à la fois sur la régulation nerveuse, la tension physique et l’excitation mentale.

Avec le temps, vous pourrez ensuite vous diriger vers d’autres types de respiration en entretien, santé et bien-être. Le programme anti-stress et anxiété que je prépare proposera ainsi un programme pas à pas pour éliminer le stress ou l’anxiété, mieux le gérer quand il apparaît et être plus résilient pour ne pas en subir les effets de façon gênante. Le stress devient alors un allié.

J’espère que cet article vous a plu, si vous pensez qu’il peut aider quelqu’un, partagez et je vous dis à bientôt!

Yvan

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Utilisation de la bouche pour respirer?

Inspirez par le nez, expirez par la bouche. C’est dans 90 % des cas ce que l’on cherche à faire quand on travaille la respiration. Si on s’intéresse spécifiquement à l’inspiration, 99% des techniques utilisent le nez. Il existe également des techniques où l’utilisation de la bouche sera même totalement proscrite. Pourquoi ne pas utiliser la bouche pour respirer et pourquoi vous devriez d’abord chercher à savoir si vous avez cette mauvaise habitude et ensuite la corriger? C’est ce que nous verrons ici. Dans cet article, je vais m’appuyer sur plusieurs publications scientifiques pour expliquer pourquoi la bouche n’est pas faîte pour respirer.

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Le systema: l’incarnation en mouvement du souffle

Connaissez-vous le systema? C’est un art martial venant de Russie et présentant une particularité très peu commune, la base de la pratique est le souffle. La respiration l’outil le plus utilisé. Surprenant non? Je pratique cette discipline depuis un moment déjà. Cette pratique influence le blog puisque je dirais qu’un bon tiers de mes techniques respiratoires viennent de là. J’ai donc décidé dans ce billet de parler un petit peu de cette discipline dont l’essence a plus sa place sur ce blog que sur celui parlant d’arts martiaux. Oui c’est assez paradoxal mais j’espère qu’à la fin de cet article, vous comprendrez pourquoi!

 

 

Mikhail Ryabko, fondateur du systema

Le systema, un art martial venant de Russie

Le systema dont je vais parler et le seul qui soit intéressant dans le cadre de ce blog est le systema Ryabko/ Vasiliev. Quand je dirai systema, je parlerai donc de cette discipline. Pour faire simple, c’est un style qui a été créé par Mikhail Ryabko dans les années 80 à Moscou. Sa diffusion mondiale s’est faîte grâce au travail de Vladimir Vasiliev (et sa femme Valérie) dans les années 90 au Canada.  Quand je dis créé, il faut comprendre cela comme un point de départ, puisque c’est réellement un work in progress. La discipline étant en fait ce que Mikhail Ryabko montre. Et il montre toujours plus. Par conséquent, le systema est loin d’être une discipline finalisée ou définie. Le seul truc qui le soit c’est sa finalité.

Sa finalité est d’ailleurs ce qui distingue le systema des autres arts martiaux et qui en ce qui me concerne fait qu’il ne peut pas être classé dans cette catégorie. Pour avoir écouté Mikhail Ryabko parler de cela directement, la finalité du systema est de devenir une bonne personne. Ceci signifie quelqu’un d’émotionnellement stable, capable d’être clair dans ses intentions et d’être capable d’aller au bout de ce qu’il entreprend. Ces qualités rendent au final la personne honnête.

Un exemple de la logique de travail, j’ai dîné il y a peu avec un de ses instructeurs moscovite qui était vers chez moi en vacances. Je lui disais qu’en ce moment, je n’avais pas le temps de m’entraîner 15 heures par semaine comme ce que je fais depuis environ dix ans à cause de nombreux projets en cours. Il m’a répondu que ce n’était pas grave. Ma pratique du systema, c’était mes projets, que l’entraînement n’était là que pour mettre en lumière les points que je dois travailler…Le systema est donc quelque chose à appliquer en permanence. C’est presque un état. Cet état conduit à être une meilleure personne.

Les quatre piliers du systema

Le systema s’articule autour de quatre piliers: la respiration, la structure, la relâchement et la mobilité. Ce sont des principes que nous devons reconnaître dans chacune de nos actions pour pouvoir appeler ça systema. Il y a une logique dans cette articulation. Une bonne respiration comme nous l’avons vu sur ce blog donne une bonne posture. Une bonne posture permet d’utiliser son énergie de façon plus efficiente et donc de relâcher nos tensions inutiles. Enfin, éliminer la tension permet de transmettre du mouvement constamment et donc d’être toujours mobile et adaptable. 

Premier point, vous noterez que je n’ai pas utilisé le mot corps.

Second point, vous noterez également que ces principes s’appliquent à absolument tout.

 

Attention toutefois à la notion de sans tension. A moins qu’une méduse me lise, vos muscles (et si ce n’est pas eux vos fascias) sont toujours en tension. Chercher à tout relâcher est illusoire et ne doit même pas être recherché. Sinon, tout ce que vous ferait sera mou, sans intention, comme après un cours de relaxation…

 

Le systema, une discipline basée sur l’utilisation du souffle

 

Tout mouvement en systema commence par le souffle. C’est extrêmement important. Malheureusement, cette phrase est mal comprise généralement. En fait, je ne connais personne qui a été capable de l’expliquer clairement. Me le montrer oui par contre mais ceux capables de le montrer outre les deux fondateurs ne sont qu’une poignée. 

Néanmoins, toute la discipline est basée la dessus. En effet, le souffle génère un mouvement permanent. Le souffle, pas la respiration. D’où souvent la question, comment je commence un mouvement avec ma respiration si je suis en apnée? Réponse: on ne le peut pas. Par contre avec le souffle oui. En effet, l’apnée est une composante du souffle tel que je l’ai défini dans un article précédent. Par conséquent à ce niveau-là, aucun problème pour toujours démarrer un mouvement par le souffle.

Comme je l’ai dit plus haut, je ne parle pas que du corps. Une pensée structurée se positionne avec le souffle. Ainsi, la pensée se pose naturellement en fin d’expiration. Si vous voulez construire une pensée stable et canalisée, démarrez la à l’inspiration, jamais à l’expiration. Par contre vous pouvez terminer un raisonnement à l’expiration pour l’assimiler et l’évacuer. Les apnées ont également un fort effet sur les pensées.

La logique de progression en systema

 

Comme je l’ai dit, le systema se base sur quatre piliers: respiration, structure, relâchement et mouvement. Tout démarre avec la respiration. La construction du corps se fait par la respiration naturelle. C’est en effet elle qui va donner cette structure si particulière permettant un relâchement optimal. Une fois la structure en place, la respiration va permettre de participer à relâcher les tensions, aussi bien physiques, qu’émotionnelles ou mentales. Ceci va créer une grande disponibilité. Quand le corps et l’esprit n’ont pas de tension à gérer, ils trouvent des solutions très originales et inattendues. 

Quand cette progression est effectuée, c’est à la capacité à s’adapter (trouver solutions) et à être imprévisible (inattendu) que le systema doit mener. Si quelqu’un est capable simplement de prédire comment vous aller réagir, c’est que quelque part, vous êtes bloqué. Attention, vous pouvez être bloqué par un comportement logique. Néanmois, ça vous rend prévisible. Si vous étiez libre, peut-être qu’une autre solution vous apparaîtrait.

Pour illustrer cela, faisons un petit test, vous laisserez votre réponse en commentaire. Imaginez que quelqu’un vous attrape la main par le poignet fermement. Votre but est de bouger. Que faîtes-vous?

La capacité à être toujours en mouvement créé une grande vivacité d’esprit. Lorsqu’on en est à ce point, le souffle est alors ce qui va nous permettre de nous réguler et de nous débarrasser de ce qui nous gêne.

 

Les bienfaits du systema pour le travail du souffle

 

Pourquoi pratiquer le systema  quand on s’intéresse au travail du souffle? Un gros avantage du systema est de solliciter énormément le corps. Ceci permet de vraiment voir si le souffle aide ou non. Tout le monde n’a pas les mêmes capacités physiques. Il y a donc peu d’intérêt à se comparer. Néanmoins, en utilisant le souffle, on atteint des performances beaucoup plus intéressantes à un niveau individuel. Par exemple, pas plus tard qu’il y a deux semaines, j’ai fait tenir en position de pompes mes élèves pendant 45 minutes. L’intérêt n’est là absolument pas de les rendre plus fort mais de tester si le souffle leur permet de rafraîchir et tenir le mental. Ceci permet de participer à un mouvement afin de soulager les muscles.

Tout le monde a tenu.

Ensuite, le systema met les gens en difficulté. Physiquement et émotionnellement. Il est difficile de se mentir quand on pratique. Enfin plutôt, il est facile d’être conscient de quand on se ment. La plupart du temps, les gens préfèrent juste ne pas en avoir conscience… Donc si on souhaite vraiment travailler, l’entraînement mettra vraiment en évidence nos problèmes. Et le souffle est souvent le moyen de les résoudre.

Généralement, les cours se terminent aussi par un cercle de parole. Il est assez facile de voir à ce moment-là qui se ment ;). Le cercle de parole est un exercice intéressant où on soulève les difficultés ou les choses que l’on a compris pendant l’entraînement. Si vous avez l’impression qu’une personne vous raconte sa psychothérapie, elle se ment. Vous n’avez pas besoin de faire l’étalage de votre état émotionnel et de vos traumatismes liés à l’enfance dans le cercle. Par contre ce qui peut être intéressant, c’est de comprendre qu’est-ce qui dans l’exercice a fait remonter ces choses là. Cela vaut pour les cercles de paroles en général dans les pratiques traditionnelles d’ailleurs.

 

Et la martialité dans tout ça?

 

J’ai commencé dans l’introduction en disant que le systema était un art martial russe. Pourtant nulle part dans cet article je n’ai parlé de quoique ce soit de martial. Ceci est aussi la raison pour laquelle je m’éloigne un peu du milieu. La martialité, je m’en fous. 

Peut-être vous souvenez de la logique de construction du systema. Les quatre étapes permettent de construire le physique mais également la psyché. Or, quand vous stabiliser la psyché, des choses changent. Deux en particulier, votre rapport aux peurs et votre variabilité émotionnelle. Or, la recherche de martialité dans notre société actuelle n’est liée qu’à deux choses non exclusives: la peur de l’autre et/ou la recherche d’une validation sociale par le pouvoir. Les compétences guerrières n’ont rien à voir avec un besoin d’une application concrète. Sauf si votre métier est lié à la violence ou à la guerre mais dans ce cas là, l’entraînement à l’usage des armes est plutôt ce qu’il se fait pour avoir une vraie pertinence en situation violente. Et si détruire l’autre vraiment c’est votre passion, il y a plus direct comme moyen que de s’intéresser au systema.

Par conséquent, paradoxalement, plus l’entraînement progresse, moins la martialité est intéressante. C’est pour moi un bon indicateur de niveau (avec les changements que les améliorations de l’entraînement produisent dans la vie de tous les jours). Par contre, même si la finalité martiale est peu pertinente, l’approche martiale est-elle l’outil de base. C’est en effet par l’art martial que l’on va se mettre en difficulté et révéler facilement les défauts à corriger pour progresser en tant qu’humain. Là réside tout le génie de la méthode. On doit donc rechercher l’efficacité dans la pratique des exercices, pas nécessairement la réalité (qui est de toute façon très relative).

 

Enlever plutôt qu’ajouter

Le systema est une technique sans forme. Ceci est perturbant et au final, on trouve des gens qui pour remplacer cette absence de forme singent les mouvements des fondateurs (ou en tous cas ce qu’ils en perçoivent). Pourtant, le systema est tout autre. Pourquoi le souffle est-il si central dans la pratique? Parce qu’on cherche à enlever plutôt qu’à ajouter. En systema, on postule que toutes les compétences sont déjà programmées en nous. Par contre, leur expression est gênée par nos tensions, nos schémas de pensée, notre conditionnement, nos croyances et nos peurs. Tout cela doit être éliminer.

Or, si le souffle peut passer, cela signifie que les tensions ont disparu. Le souffle va donc petit à petit à la fois nettoyer ces blocages et valider le fait qu’ils n’y sont plus. Moins il y en aura, moins on aura une forme reconnaissable, des réponses pré-programmées et des blocages. Tout sera plus fluide, plus uni, plus efficace (minimum d’énergie, maximum d’effort). On aura la sensation de suivre un flot continue et qu’il nous donne l’énergie pour être au bon moment au bon endroit. Tout le temps, et donc dans votre vie quotidienne. Vous remarquerez que bizarrement, vous faîtes des choix plus pertinents et que vous devenez miraculeusement moins poisseux… Tant et si bien qu’au final, il n’y aura rien de spécial dans ce que vous faites vu de l’extérieur. Vous entendrez souvent que vous êtes vraiment chanceux. Tout ça pour ça. C’est l’ego qui ne va pas être content s’il est au courant…

Les techniques respiratoires en systema

 

Si le souffle est central, la respiration est l’outil permettant de l’alimenter. Il y a globalement trois respiration principales à connaître en systema. La respiration profonde, la respiration d’ancrage, la respiration rythmique. A cela s’ajoute deux respirations un peu plus avancées, la respiration de relâchement et la respiration explosive. Il y a quelques respirations supplémentaires liées au souffle dont je ne parlerai pas. C’est mieux de les sentir.

Notez bien que les exercices pour travailler ces respirations se déclinent par dizaines… L’intérêt est que le corps apprend à automatiser la mise en place de la bonne respiration en fonction du besoin. Et contrairement à ce que j’ai pu entendre de la part d’incompétents, la respiration n’est pas un truc uniquement pour débutants… C’est au contraire la base et la partie la plus difficile de la pratique.

 

Conclusion

Le systema Ryabko est une superbe pratique. C’est également une très bonne école du souffle. On notera que dans cette école on ne parle jamais d’énergie. Si vous avez lu mon article sur l’histoire de la respiration, vous comprendrez que peut-être, ce n’est pas si vrai.

S’il y a une chose à retenir si vous vous intéressez à la respiration, c’est que dissocier la respiration et le souffle de façon général d’une pratique corporelle n’est pas une bonne idée. Le souffle fait le lien entre deux mondes. Un concret et l’autre plus abstrait. Sans le travail corporel qui permet de s’ancrer dans le concret, on peut vite se faire des films dans sa tête sur les effets du souffle, de la méditation ou que sais-je. Cela fera d’ailleurs l’objet de prochains articles.

Je tenais donc à parler du systema puisque cela a grandement influé sur ma vision de la pratique de la respiration. En terme de pratique, si elle est bien encadrée (regardez comment ils respirent, c’est déjà pas mal pour se faire une idée), c’est un vrai plus pour explorer les effets de la respiration. Il faudra ensuite aller voir ailleurs ou beaucoup plus loin pour des thématiques autre, mais cela construit une excellente base.

A bientôt

Yvan

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Histoire de la respiration en occident

Il y a un côté paradoxal dans la propagation actuelle de la pratique respiratoire. En effet, on a l’impression de découvrir quelque chose d’extraordinaire alors que respirer existe depuis le début de la vie aérobie… En cherchant à tracer justement l’histoire de la respiration, je suis tombé sur un superbe article. Publié en 2012 dans le journal Comprehensive Physiology par Robert Fitzgerald et Niel Cherniack, cet article propose de retracer les découvertes sur la respirations au cours de l’histoire. Dans ce post, je vais donc faire un résumé de cet article et y ajouter les quelques connaissances que je peux avoir sur le sujet.

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