Prévenir Alzheimer par la respiration?

biologie, exercice de respiration, Respiration, système nerveux

Comment stimuler et maintenir en forme le système nerveux pour éviter Alzheimer? Peut-être par la respiration.

Les facteurs de croissance des nerfs (NGF) sont des polypeptides impliqués dans la croissance, la prolifération et la survie d’un certain nombre de neurones mais aussi des cellules en général. Ils participent également au bon développement et au maintien du système nerveux périphérique.

Chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, ces facteurs de croissance sont largement diminués.

Dans cet article, je vais rapporter une étude effectuée à l’université de Californie sur l’utilisation de la respiration pour augmenter la production de ces facteurs de croissance des nerfs (NGF). Ces résultats sont très intéressants puisqu’ils peuvent potentiellement participer à prévenir et ralentir la progression d’Alzheimer mais aussi maintenir le système nerveux en forme de façon générale. Cet article a été publié en 2015 dans le journal Int Psychogeriatr. dont le lien est ici.

 

Les NGF, un traitement dans la maladie d’Alzheimer

 

Les NGF sont capables de protéger certains neurones particulièrement atteints lors de la maladie d’Alzheimer. Ils ont donc été envisagés comme un traitement possible de la maladie pour la retarder en protégeant ces neurones. Toutefois, de nombreux problèmes s’opposent à un tel traitement. Leur administration a tendance à provoquer une hyperalgésie, leur synthèse pose problème en terme de quantité et enfin, leur administration se fait en intra-cranial et via thérapie génique… Bref, pas mal d’effets négatifs à ajouter à une maladie déjà compliquée.

Tout cela fait que des solutions alternatives pour amener ces NGF au cerveau sont indispensables pour pouvoir profiter de leurs effets. Or, il se trouve qu’il est possible de stimuler la production naturelle de ces facteurs. Comment? Par la pratique de certains motifs respiratoires issus du Yoga. En effet, le Yoga et en particulier sa composante respiratoire le pranayama jouent sur le système nerveux végétatif et le nerf vague. Ces deux éléments influent sur l’inflammation, le métabolisme, le stress et l’activation du parasympathique en général.

De façon intéressante, il est connu que les NGF sont naturellement présents dans la salive. Or, la salivation est sous le contrôle du parasympathique. La stimulation du parasympathique peut donc potentiellement augmenter la quantité de NGF présent dans le corps. C’est ce à quoi les techniques présentées ici peuvent servir: stimuler la sécrétion de NGF.

 

Test d’un protocole respiratoire sur la synthèse endogène de NGF qui favoriserai leur apport chez des malades d’Alzheimer 

 

Dans cette étude, 20 volontaires divisés en deux groupes de 10, un groupe contrôle et un pratiquant la respiration, ont été évalués. Il a été demandé au groupe contrôle de lire pendant 20 minutes des textes scientifiques de leur choix tandis que le groupe test pratiquait le chant de OM et des exercices respiratoires pendant 20 minutes. Ce protocole respiratoire est issu de textes anciens du Yoga, a été repris tel quel et enseigné par un Yogi au groupe test.

Des prélèvements de salive ont été effectués avant et après les 20 minutes  d’exercices dans les deux groupes et la présence de NGF recherchée par une méthodologie classique. Les résultats entre les deux groupes ont ensuite été comparés.

Dans le groupe contrôle, une augmentation de 1.4 % des NGF a été observée en moyenne entre le début et la fin des 20 minutes. Par contre, dans le groupe test, c’est une augmentation de 11,02 % entre le début et la fin qui a été observée. La pratique a donc un effet très important sur la synthèse des NGF dans la salive.

 

D’où vient cet effet sur la synthèse des NGF?

 

Le chant du son OM est une pratique traditionnelle qui a été décrite comme ayant des effets importants sur la relaxation et le bien-être. Il semble qu’émettre ce son augmente la résistance des vaisseaux cutanés et stimule la branche auriculaire du nerf vague. Or, la stimulation de cette branche du nerf vague augmente les capacités cognitives des patients atteints d’Alzheimer. L’effet est donc certainement bénéfique pour des malades. Toutefois,il n’explique pas la synthèse des NGF.

La partie respiration par contre, augmente l’activité du parasympathique et donc la salivation. Cette augmentation de la salivation entraîne certainement l’augmentation observée des NGF. En effet, la synthèse de la salive par les glandes salivaires est une opération impliquant un mélange de différents éléments. Stimuler la production de salive stimule donc également la synthèse de ces molécules.

Il faut ensuite que ces NGF soient envoyés dans le système nerveux central. Comment? Il semble que les NGF puissent être transportés le long des nerfs qui innerve la bouche par un transport axonal rétrograde. Cela signifie que ces molécules sont transportées le long d’axone de neurone jusqu’au système nerveux central.  L’autre solution est simplement que la réabsorption de la salive dans le système sanguin permet de faire passer les NGF dans le cerveau via la circulation sanguine.

Ainsi, la pratique de cet exercice pourrait aider les patients atteints d’Alzheimer en stimulant la protection des neurones via ces NGF produits.

Le protocole respiratoire utilisé pour stimuler la synthèse de NGF

Phase 1: chanter OM

  1. Inspirez par le nez
  2. Expirez en prononçant le son OM de façon continue pendant l’expiration.*
  3. L’expiration doit se poursuivre jusqu’à l’expulsion totale de l’air disponible

Cette phase doit durer 10 minutes pendant lesquelles vous devez être assis, les yeux clos sans tension.

Phase 2: Pranayama

  1. Identifiez quelle narine laisse passer le plus facilement l’air. Ce sera la narine 1, l’autre la narine 2 pour les explications.
  2. Fermez avec un doigt la narine 2 et prenez une grande inspiration d’environ 4 secondes via la narine 1.
  3. Fermez les deux narines en vous pinçant le nez et faîtes une apnée pleine sur environ 16 secondes
  4. Ouvrez la narine 2 et expirez sur 8 temps. L’expiration doit être totale et le ventre doit se creuser au fur et à mesure de l’expiration. Aucune fuite ne doit se faire par la bouche ou la narine 1.
  5. Revenez à l’étape 1 et pratiquez pendant dix minutes.

Cet exercice donne des résultats immédiats puisque les tests ont été faits directement après. Néanmoins, il doit certainement être pratiqué régulièrement pour avoir des bienfaits sur la durée.

Conclusion

 

La pratique de la respiration est connue pour influer sur le système nerveux végétatif. Dans l’étude présentée ici, c’est la stimulation de la synthèse des NGFs par une augmentation de la production salivaire qui a été étudiée. Les NGFs sont des molécules intéressantes puisqu’elles sont utilisées dans le traitements de la maladie d’Alzheimer. Néanmoins, leur administration est compliquée.

La pratique de l’exercice respiratoire présenté ici permettra peut-être d’avoir une synthèse endogène plutôt qu’un apport exogène de cette molécule chez des patients malades.

Toutefois, il y a des limites à cette étude. Le nombre de participants qui est faible. de même, la durée de pratique sur laquelle nous n’avons pas d’informations. Enfin, quel est l’effet d’une telle pratique sur les malades directement. Ce sont des études qui sortiront probablement par la suite.

Nous voyons que la respiration bien pratiquée est encore une fois un élément permettant de jouer sur sa santé et sur le comportement du corps. Mais si vous lisez ce blog régulièrement vous le saviez déjà ;).

A bientôt

 

Yvan

 

 

 

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