Se retrouver enfermé avec soi-même

bien-être, Comprendre la pratique, émotions

En cette période de confinement, beaucoup d’entre nous se retrouvent à avoir du temps. Beaucoup de temps. En discutant un petit peu, quelque chose est frappant, après moins d’une semaine, plusieurs personnes m’ont confié être déjà désoeuvrées voir angoissées. Comment est-ce possible? Pourquoi le fait d’être chez soi provoque une telle réaction? Continuer la lecture de « Se retrouver enfermé avec soi-même »

Améliorer la conscience corporelle avec la respiration 6/2

bien-être, émotions, Entraînement sportif, exercice de respiration, Technique psycho-corporelle, technique respiratoire

Le travail autour de la respiration  peut aller du très grossier au très subtil. Autant le grossier ne demande que peu de travail pour en ressentir les effets, autant le subtil est plus délicat. Pour pouvoir aborder cette partie subtile, Continuer la lecture de « Améliorer la conscience corporelle avec la respiration 6/2 »

Plaisir ou sérénité? Dopamine ou sérotonine?

biologie, Comprendre la pratique, douleur, émotions, Respiration, stress

Quelle est la différence entre le plaisir ou la sérénité? Elle est à peu près aussi grande qu’entre un soda et un vin millésimé… Et elle dépendra de deux hormones très différentes, la dopamine et la sérotonine. Quelles sont les différences entre ces deux concepts, quel est le rôle des hormones correspondantes? La réponse à cette question est Continuer la lecture de « Plaisir ou sérénité? Dopamine ou sérotonine? »

Respiration: trouver le centre du mouvement

Comprendre la pratique, émotions, exercice de respiration

Un article un peu particulier aujourd’hui. En effet, suite à une conférence sur une pratique issue du yoga qui s’appelle pratique de Bhusunda, j’ai fait un parallèle avec un phénomène qui sous-tend ma pratique du systema et qui est également d’une grande aide dans ma pratique Taoïste. Cet article s’adresse donc plutôt aux personnes qui me suivent dans ce type de pratique et qui ont un niveau plutôt avancé. Ce sera plus simple de comprendre ce dont je parle si il y a les outils en place pour mettre en pratique.

Nous allons donc voir dans cet article comment la respiration peut aider à libérer le centre du mouvement!

Le mouvement en systema

Le mouvement est un élément central du systema, en tous cas celui que je pratique, le systema Ryabko. Trop souvent confondu avec la mobilité, le mouvement est ce qui donne cet aspect puissant mais relâché aux actions que l’on peut voir en systema. C’est également ce mouvement interne qui permet de rester dans le « temps » en permanence.

Pour arriver à faire cela, le systema utilise deux approches, la respiration et un reconditionnement physique. Malheureusement, il manque un troisième élément pour que ça fonctionne et celui-là, ils ne l’enseignent pas, ou du moins pas de la façon dont on l’attendrait.

Pourquoi ces deux types de travail sont nécessaires? Parce que le mouvement n’est pas de l’intention. Comme me l’a répété souvent Vladimir Zaykovskiy, le mouvement est quelque chose de très physique. C’est effectivement le cas.

 

La nature du mouvement

 

Je me garderai de donner un avis ferme sur ce qu’est ce mouvement. Autant le manifester m’est facile, autant le définir est plus compliqué. A un moment, je me suis demandé si ce n’était pas ce que l’on appelle le chi dans les arts martiaux chinois. Ou encore, ce que certains ostéopathes appellent le mouvement des fascias. Bien que la sensation soit proche,  il y a un problème de lenteur dans ces deux phénomènes par rapport à ce que je travaille avec le mouvement. Néanmoins, le mouvement me permet sans problème de faire ce travail sur les fascias ou les muscles comme les kinés et ostéos qui travaillent avec moi ont pu le constater.

Le mouvement est donc autre, ou en tous cas une manifestation différentes de ces phénomènes. Ce qui est curieux toutefois, c’est que les personnes qui sont capables de manipuler ce travail sur les fascias ou l’énergie selon l’approche chinoise n’ont pas forcément de facilité pour le trouver.

La raison est que certaines choses bloquent le mouvement en particulier lié aux émotions. C’est en faisant ce travail que j’ai pu permettre à un de mes élèves de sentir ce phénomène et qui l’utilise dans son travail de professionnel de santé.

 

La pratique de Bhusunda

 

Bhusunda est un personnage tiré de certains textes de Yoga. C’est un corbeau décrit comme sage, très vieux et très sage… Je ne suis pas spécialiste donc je ne m’aventurerai pas à en parler plus que ça. Ce qu’il y a d’important dans ce qui nous intéresse ici est la pratique qu’il décrit. Cette pratique consiste à observer son souffle.

Pour mettre en place cette pratique, il faut s’asseoir, ériger la colonne et ouvrir la poitrine sur l’inspiration. Il faut ensuite chercher le centre de la poitrine et l’observer sur la pause respiratoire. Vous pouvez placer votre main sur la poitrine et appuyer doucement. Sur l’expiration, chercher à sentir un flux qui sort de cette zone et qui s’étend dans l’ensemble du corps en même temps que votre expiration. Renforcez cette sensation avec de la visualisation.

Au fur et à mesure des expirations, cherchez à sentir la zone dans laquelle ce flux se dissout dans l’air extérieur. Vous vous rendrez compte que ce point est face au centre de la poitrine et parallèle au sol.

Lorsque vous l’avez identifié, sur l’inspiration suivante, cherchez à sentir le départ de l’air inhalé sur ce point de dissolution et visualiser le trajet jusqu’au centre.

Vous sentirez qu’il y a une pause entre l’inspiration et l’expiration. Prêtez-y attention et voyez également où se manifestent ces pauses dans le corps. Vous sentirez à chaque fois le mouvement.

 

Le centre du mouvement

 

Cet exercice ne va pas vous donnez la possibilité d’utiliser le mouvement de façon dynamique. Par contre, il peut clairement vous faire sentir la nature du mouvement et son centre. Pour l’utiliser, le rendre plus fluide et l’envoyer dans le corps, cela passera par un autre type de travail. Un sur le corps et un sur l’ego dans un sens large. Pourquoi sentir ce centre est important? Parce que tout par de là et le contrôle du mouvement se fera dans un premier temps via ce centre.

Vous sentirez également que par la respiration vous pourrez « recharger le mouvement » quand vous avez la sensation d’être à plat si vous l’envoyez dans le centre.

La conséquence sera cette circulation fluide du mouvement qui permettra une meilleure utilisation du corps et la sensation d’être dans le bon temps. Vous aurez une meilleure  gestion de votre force et une meilleure capacité à suivre les contraintes extérieures. La circulation du mouvement fera un autre travail qui sera de vous aligner et vous permettra ainsi de faire d’autres changements profonds en vous. Mais c’est un autre sujet.

Conclusion

 

Le mouvement et le centre du mouvement sont importants dans la pratique du Systema mais également dans la vie quotidienne. Pourquoi? Parce que le mouvement va énormément travailler sur vous si vous le laissez circuler dans le corps.

Une dernier point intéressant est la localisation du mouvement qui est exactement au même niveau que le centre émotionnel énergétique dans plusieurs traditions. Les émotions peuvent bloquer le mouvement, raison pour laquelle il est difficile de le sentir mais le mouvement peut permettre de relâcher ces émotions.

L’importance de ce lien oriente énormément mon travail en ce moment. Mes deux prochains stages sont d’ailleurs sur les émotions pour la respiration et sur le centre du mouvement pour le Systema. C’est vraiment un point central. Voilà pourquoi je recommande cet exercice issu du yoga pour sentir le mouvement, en particulier pour ceux qui ont une pratique avancée qui stagne un peu. Sentir la nature du mouvement vous donnera une piste pour avancer.

A bientôt!

Yvan

Canaliser la joie et l’excitation avec la respiration

bien-être, émotions, Respiration

Voilà le dernier article de la série émotion! Après ça, il va falloir aller pratiquer! Dans cet article nous allons parler de la joie et de l’excitation en général. Pourquoi canaliser la joie alors que c’est une bonne émotion? Peut-il y avoir des effets néfastes à la joie? Continuer la lecture de « Canaliser la joie et l’excitation avec la respiration »

Comment mieux gérer les peurs ancrées par la Respiration?

émotions, Respiration

Nouvel article dans la série sur les émotions! On s’attaque cette fois aux peurs ancrées. Peut-être l’émotion la plus primale et la plus vieille qui est apparue chez les êtres vivants. En effet, la capacité d’avoir peur est nécessaire à notre survie. Comme toute les émotions, elle va donc avoir un rôle pédagogique important. Le problème, Continuer la lecture de « Comment mieux gérer les peurs ancrées par la Respiration? »

Comment gérer la tristesse par la respiration?

émotions, Respiration, Technique psycho-corporelle, technique respiratoire

Suite de notre série sur les émotions et comment mieux les gérer avec la respiration avec la tristesse. Pourquoi la tristesse? Parce qu’elle fait bien la suite avec la colère. En effet, la colère peut souvent précéder la tristesse. Pourquoi? Parce que la colère indique notre refus que les choses ne se passent pas comme nous aimerions qu’elles se passent. Elle renvoie au fait que nous aimerions être tout puissant mais que nous ne le sommes pas. Quand nous acceptons cette état de fait, il faut faire un deuil et c’est là qu’intervient la tristesse. La tristesse contrairement à la colère ne va pas donner d’énergie, au contraire, elle va avoir tendance Continuer la lecture de « Comment gérer la tristesse par la respiration? »

Comment développer la qualité du lâcher-prise

émotions, technique respiratoire

J’ai déjà abordé dans deux articles le lâcher-prise. Dans ces deux articles, j’ai proposé une approche technique pour tester ou goûter le lâcher-prise. Néanmoins, j’avais précisé à l’époque que cela ne suffisait pas. C’est donc dans le cadre de ma série sur les émotions que je vais revenir sur cette notion de lâcher-prise. Dans cet article, je vais mieux définir ce que j’entends par ce terme et les conséquences de cette définition sur la pratique. En effet, la logique de travail du lâcher-prise sera beaucoup plus  claire si on en comprend la nature. Retour donc sur le lâcher-prise!

Lâcher-prise et bien-être

 

La lâcher-prise aujourd’hui est une sorte de mantra du développement personnel et une condition sine qua none du bien-être. On cherche à atteindre le lâcher-prise. Pour cela on va se mettre généralement dans un état de grande détente, quelle que soit la technique, pour réaliser cette état. Si vous avez déjà pratiqué une discipline quelconque de bien-être vous devez connaître cet état. Vous avez l’impression d’être un moine zen et que rien ne peut vous atteindre. Mais qu’arrive-t-il quand vous rentrez de votre cours et que quelqu’un vous fait une queue de poisson?

En fait, ces pratiques peuvent vous amener dans un état, physiologique et mental qui va transitoirement vous faire beaucoup de bien. La technique qui illustre cela parfaitement est la cohérence cardiaque. Cette technique doit être répétée trois fois par jour pour être sûr de conserver cet état si particulier qui se rapproche (en mieux) de l’état de bien-être.

Alors quid du lâcher-prise?

 

Le lâcher-prise est une qualité, pas un état

 

Là est l’astuce ou le problème en fonction de comment on le prend. On ne peut pas se mettre en état de lâcher-prise. En fait, on mime ce que cette qualité devrait être, mais c’est tout. Le lâcher-prise est une qualité. En tant que qualité, elle transparaît tout le temps quand elle est là. Quelles sont les caractéristiques de cet état? Il y en a plusieurs et le bien-être peut en être une conséquence mais pas forcément.

Le lâcher-prise est la capacité à accepter de ne pas lutter contre des forces que l’on ne peut pas contrôler. Ceci implique que l’on est dans l’action et que quelque chose nous empêche d’avancer. Quand on a identifié que cette chose n’est pas gérable, on se contente de trouver un autre moyen de continuer à avancer. On comprend alors pourquoi ce n’est pas forcément agréable et que bien-être et lâcher-prise ne vont pas nécessairement de paire.

Le lâcher-prise régule les émotions, c’est pourquoi j’en parle dans cette série. Lorsque cette qualité est atteinte, vous ressentez évidemment les mêmes émotions que tout le monde mais elles deviennent un simple signal qui ne s’enregistrera pas dans le corps.

Le lâcher-prise favorise l’adaptation et la prise d’initiative. Les gens qui ont cette qualité vont paradoxalement être pro-actifs dans leur vie et non pas mous et en attente. Pourquoi? Parce que la capacité à ne pas être entraîné développe une sorte de confiance en soi ou en sa bonne étoile qui nous rend sûrs que quoi qu’on fasse, il y aura toujours une solution. Au pire, on meurt donc ça va.

 

Où trouve-t-on des gens qui ont développé cette qualité?

 

De mon expérience, les personnes que j’ai pu rencontrer et qui avaient cette qualité n’étaient pas là où on pouvait croire. Je l’ai trouvé chez des militaires des forces spéciales dont la reconversion après l’armée a montré qu’ils avaient vraiment intégré cette qualité.

Je l’ai vu chez des entrepreneurs très qui arrivaient à se dépêtrer des pires situations sans aucune panique et qui de fait avaient un très grand succès dans leur domaine.

Enfin, je l’ai vu chez une poignée de pratiquants de diverses spiritualités. Ces pratiquants ont une pratique active et difficile. Ils avaient cette caractéristique de la vivre avec une grande certitude sans jamais venir chercher à convaincre les autres du bienfait de leur démarche.

Il est évident qu’il existe des gens qui ont développé cette qualité ailleurs. Néanmoins, pour les reconnaître, je dirais que ce sont des gens qui ont confiance, qui sont capables d’atteindre les objectifs qu’ils se fixent et qui sont toujours capables de se relever de ce que d’autres qualifieraient d’un échec.

 

Comment développer cette qualité?

 

Il va y avoir deux axes de travail principaux et un contexte également. Le contexte doit être difficile. Il est à mon sens impossible de travailler le lâcher-prise avec des exercices agréables puisqu’il se révèle dans la difficulté. Ensuite, il va falloir travailler à la fois sur le mental et sur le corps. En effet, l’un crispe ou au contraire ramolli l’autre.

Le travail sur le mental sera tourné autour de l’ego, de l’image qu’on s’est construit. En effet, on se construit autour de certitudes et ces certitudes nous empêche de lâcher au bon moment. A la place, elles vont nous faire résister ou au contraire abandonner à contre-temps lorsque le courant est contraire.

Cette attitude pourra se répercuter dans le corps qui aura énormément de tensions en particulier au niveau des jambes et du dos pour se protéger et éviter la chute quand on est dans la résistance. A l’inverse, quand on est dans l’abandon, le corps va être flasque, sans structure. Mais ces caractéristiques corporelles peuvent aussi se transmettre au mental! Soulever du poids en excès, musclez vous trop, il est probable que vos certitudes deviennent de plus ne plus ancrée. A l’inverse, si vous êtes mous, que vous n’avez aucune activité, la moindre difficulté vous fera abandonner, ce qui est l’inverse du lâcher-prise.

 

Deux exercices à travailler

 

Commençons par un exercice mental. Mettez en place une respiration de travail et pensez à une valeur que vous avez et qui vous définit selon vous. Pensez à une situation où quelqu’un ou quelque chose est allé contre cette valeur. Demandez-vous comment vous avez réagi et si y repenser perturbe votre respiration. Imaginez ce qu’il se passerait si vous renonciez à cette valeur. Toute modification de votre état et/ou de votre respiration doit vous amener à déclencher une respiration rythmique. Une fois le calme revenu, recommencé jusqu’à ce que cela ne vous fasse plus réagir. Changer alors de valeur ou de situation.

Passons ensuite à un exercice physique.  Nous avons vu dans un article précédent le fait de simplement se laisser tomber tranquillement sur un lit. Essayons un exercice un peu plus compliqué. Pour cela vous avez besoin de quelques mètres carrés. Attention à éviter les angles ou les objets pointus. Fermez les yeux, laissez vous tomber sur une expiration puis relevez vous sur l’inspiration suivante. Recommencez ceci sans vous arrêter pendant au moins dix minutes. C’est un exercice compliqué. Observez ce qui se passe en vous, les doutes, les peurs, l’ennui qui peuvent survenir. Laissez tout cela couler sur vous et contentez vous d’être attentif aux montées et descentes. Si vous percutez quelque chose, détendez-vous pour que ça ne soit pas douloureux et que votre corps s’adapte pour absorber le choc.

 

Avec ces deux exercices vous avez un travail intéressant pour petit à petit, développer la qualité de lâcher-prise.

 

Conclusion

 

Loin d’être un état transitoire, le lâcher-prise est une vraie qualité à développer. Il est facile de voir si cette qualité est présente chez quelqu’un en regardant sa vie. Attention à ne pas confondre cela avec de la mollesse ou de la passivité. De même, quelqu’un qui est très actif, se bat peut en fait avoir cette qualité. En effet, le lâcher-prise encore une fois c’est ne pas lutter quand les choses nous dépassent.

Le lâcher-prise permettra ensuite de développer des qualités comme l’adaptation et le timing. Mais c’est un autre sujet. Cette parenthèse dans le dossier gestion des émotions est donc terminée. J’espère que cela vous donne une meilleure vision de ce qu’est le lâcher-prise et de l’intérêt de le développer.  Nous en parlerons lors du prochain stage sur les émotions. En effet, cette qualité vous permettra d’être plus en accord avec vos émotions à terme…

A bientôt

 

Yvan

Les états modifiés de conscience

bien-être, Comprendre la pratique, émotions, Respiration, respiration cyclique, Technique psycho-corporelle

Les états modifiés de conscience sont des états qui fascinent, attirent, inquiètent et qui peuvent avoir de grandes conséquences. Qu’elles soient positives ou négatives d’ailleurs.Elles sont parties intégrantes de la plupart des traditions sérieuses. Les moyens de les atteindre sont Continuer la lecture de « Les états modifiés de conscience »