Stress en milieu professionnel? Un problème de masse…

Voici le premier article d’une série concernant le stress en milieu professionnel.  Suite aux nombreuses réponses que vous m’avez faîtes via la dernière newsletter (merci à vous !!!), il semble que le stress au travail soit une problématique qui vous touche et la respiration peut amener beaucoup pour mieux gérer cette problématique. C’est ce que nous allons voir dans cette série d’articles.

Dans ce premier article, nous allons discuter des différentes sources de stress au travail. Cela peut paraître bizarre de dire ça mais finalement, le travail est un espace où l’on peut réellement voir si le travail sur la respiration et sur soi en général porte ses fruits. Ayant été dans de nombreuses situations très différentes de travail, je considère que c’est mes compétences sur la gestion du stress via la respiration qui m’ont permis d’arriver là où je suis aujourd’hui. C’est pour cela que j’ai choisi cette thématique. Le travail peut à la fois être une souffrance mais également un espace de liberté et d’épanouissement. Tout comme une bonne ou une mauvaise respiration! Voyons donc ensemble comment en faire quelque chose de positif.

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Exercice de méditation: la méditation respiratoire

La méditation est une pratique d’hygiène mentale et peut également devenir une importante pratique spirituelle. Parmi ses nombreuses vertus lorsqu’elle est correctement pratiquée, elle développe la lucidité et le focus. Dans cet article, je vais vous parler d’un protocole assez intéressant de méditation qui permet non seulement de développer spécifiquement cette qualité mais en plus de l’ancrer pour pouvoir l’utiliser dans des situations dynamiques où le focus se perd facilement. C’est une technique que j’ai utilisé avec des sportifs de haut-niveau par exemple. Néanmoins, je l’utilise aussi lorsque je me prépare à donner une conférence. 

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Hypertension: la diminuer par la respiration

L’hypertension est un gros problème dans notre société actuelle.  On parle de 10 millions de français sous médication et on estime à 20 % des plus de 50 ans qui en souffrent sans être diagnostiqués!  Trouver des solutions pour s’en prémunir est donc un enjeu sociétal. Or, il suffirait de 5 minutes par jour. 5 minutes non pas pour faire de la prévention, mais pour diminuer l’hypertension artériel! Comment? Sans faire de course à pied ou soulever des poids. Juste par la respiration. C’est ce qui a été montré par une équipe de chercheurs de l’université d’Arizona. Nous allons voir cela en détail dans cet article.

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A l’origine de l’art de la respiration: le pranayama

Le pranayama est la pratique du souffle chez les indiens. C’est un des piliers du yoga. C’est surtout dans le cadre de ce blog la plus ancienne pratique respiratoire structurée. En effet, on date l’apparition de la pratique du pranayama en -6000 avant J.C. Cela ne veut certainement dire que c’est la première que l’humanité ait connu, mais c’est la plus ancienne référencée. Il est intéressant de s’y intéresser quand on s’intéresse à la respiration parce que 8000 ans d’empirisme, ça mène sûrement à quelque chose…

Le pranayama, l’ancêtre de la pratique respiratoire

Pranayma est un mot Sanskrit signifiant contrôle de la respiration ou  extansion du prana (=source de vie). Comme je l’ai dit plus haut; le pranayama est daté de 6000 avant JC donc a aujourd’hui environ 8000 ans selon les exert en yoga. La première trace archéologique est la découverte de peinture montrant des personnages en position de médiation (-5000) et celle d’une gravure d’un pratiquant réalisant un asana et date de -3000 (Taylor 1996). C’est donc la première pratique structurée référencée dans l’histoire de l’humanité. La légende dit que le pranayama est tiré de l’observation de la nature (probable cela dit). En effet, les Hommes ont observé que les animaux qui respiraient lentement, éléphants, tortues, pythons… vivaient beaucoup plus longtemps (en dizaine d’années) que les animaux avec une fréquence respiratoire importante, oiseaux, lièvres, chiens qui ne vivent que quelques années. Le résultat logique de leur observation a été d’essayer de diminuer la fréquence respiratoire pour vivre plus vieux.

Ensuite, par la pratique les anciens yogis ont réalisé que la respiration influence les pensées. Mieux, il y a un aller-retour entre pensée et souffle: le souffle calme la pensée et une pensée calme ralentit le souffle. Cela a donc découlé sur les premières formes de méditation où le contrôle du souffle permet le contrôle du mental. C’est ainsi que le pranayama est né.

En 2000 avant JC, on estime que sont apparus les chants, les prières et les rituels qui ont donné un aspect spirituel à la discipline (période védique).

L’apport de l’aspect spirituel au pranayama

Cet apport spirituel est loin d’être anodin. En effet, dès que l’on intègre un aspect spirituel à la respiration, on commence à « charger » la pratique. D’ailleurs, au départ, il semble que les asanas (travail de posture) n’était que peu voir pas présent. C’était donc clairement une discipline de l’esprit où l’aspect corporel était assuré par la bonne pratique respiratoire.Toutes les pratiques spirituelles ou religieuses ont une forme ou une autre de pratique respiratoire associée à une forme de méditation (ou de visualisation). Est-ce que tout le monde est arrivé à la même conclusion ou est-ce que tout est influencé par le pranayama, je ne saurais pas dire.

Toujours est-il que cet aspect spirituel est développé par le Dhyana (méditations) et les mantras (chants sacrés). Pour le côté méditatif, la respiration est accompagnée de pleine conscience, concentration ou mouvement. Trois types différents de méditation. La pleine conscience s’attache à se concentrer  sur le fait d’être conscient, sur un objet ou un processus (respiration justement, un son, un mantra, une question…). Néanmoins, cette focalisation ne doit pas empêcher de rester conscient du reste. L’autre forme est la concentration. Dans de cas, le but est de totalement focaliser son attention sur quelque chose, en effaçant le reste. Enfin, la médiation en mouvement, c’est une pratique méditative durant laquelle on effectue des tâches répétitives. La marche respiratoire en est un exemple. Parfois, le mouvement peut être crée par la visualisation. C’est alors le début du mouvement interne en méditation qui est d’ailleurs une expérience qui change la vie.

Les mantras sont un peu différents. Bien que cela mette le cerveau dans un état méditatif, cela à d’autres propriétés. Le mantra oblige à contrôler le souffle. La façon de le prononcer génère des vibrations qui ont un impact sur le corps et l’esprit. Enfin, le mantra a un sens qui permet de conditionner le mental à croire en quelque chose. C’est donc un outil puissant.

Tous ces outils ont permis de passer du pranayama, contrôle du souffle et de la physiologie au pranayama contrôle de l’esprit et de la spiritualité.

La pratique du pranayama

La base du pranayama est le contrôle du souffle. Il y a de nombreuses variations de pratique mais le but est toujours de contrôler le souffle d’une manière ou d’une autre. La base est la respiration abdominale en pranayama ( différent de la respiration naturelle). Ensuite, il y a la respiration yogique (Dirgha pranayama). C’est une respiration en trois parties, ou respiration complète. Là encore, il y a une différence avec la respiration naturelle, en particulier sur l’expiration. Le pranayama propose également des rétentions avec le kumbhaka. Dans ce cas, il y aura une sorte d’apnée en fin d’inspiration et d’expiration. Très connu, le Nadi Shodhana, où on respire tranquillement par le nez en alternant les narines. Nous en avons déjà parlé sur le blog, la respiration Ujjayi.

Il y a évidement plus de variations en fonction des problématiques. Ajouter à cela, il faut considérer le travail de visualisation et de méditation pour rendre la pratique encore plus riche. Néanmoins, il vaut mieux que cela se fasse avec un guide pour ne pas aller trop vite. Il peut y avoir des aspects dangereux mais surtout, ça évite de perdre son temps. En effet, on peut pratiquer longtemps en faisant n’importe quoi, ce qui a surtout pour conséquence de ne servir à rien et de se créer des illusions.

Si vous voulez joindre des exercices  physiques, vous pouvez joindre le pranayama à certaines d’entre elles même si ce ne sont pas des asanas. Quand vous avez compris et senti les effets de la respiration, cela se fera naturellement.

Conclusion

Le pranayama est la première technique de respiration référencée dans l’Histoire. Venue d’Inde, cette pratique a certainement influencé les pratiques spirituelles et religieuses eurasiennes. La pratique du pranayama apporte déjà beaucoup. Néanmoins, elle trouve toute sa richesse en combinaison avec les pratiques spirituelles qu’on lui associe (méditation et visualisation en premier lieu). un point intéressant du pranayama est sa documentation. Les écrits concernant la pratique sont très nombreux. Il y a donc possibilité de saisir de nombreuses subtilités grâce à ces écrits. Pour progresser vite, un bon instructeur peut-être nécessaire mais rapidement, il faut se responsabiliser en écoutant les signaux corporels produits en réponse à la pratique. C’est sans conteste le meilleur guide que vous aurez à disposition.

Enfin, contrairement à une croyance courante, il ne faut pas nécessairement pratiquer des asanas pour pratiquer le pranayama. Les asanas sont par contre un bon moyen d’avoir un corps plus puissant et disponible. C’est donc un avantage de s’y intéresser. Cependant, il n’y a pas forcément d’exclusivité entre pranayama et asanas. D’autres pratiques corporelles peuvent également faire l’affaire.

Aux pratiquants de yoga, est-ce que la pratique du pranayama est centrale pour vous?

A bientôt

Yvan

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La marche respiratoire: une méditation en mouvement

La marche respiratoire est certainement un des exercices les plus pratiques à exécuter et l’un des plus simples. Malgré cela, il permet de développer des aptitudes intéressantes. De plus, sa pratique ressemble fortement à certains types de méditation. Tout un tas de raisons de la pratiquer. Dans cet article, je vais donc donner les instructions de base pour bien réaliser la marche respiratoire et détailler les raisons pour lesquelles c’est une pratique à intégrer au quotidien.

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Retarder le vieillissement cellulaire par la respiration???

Si je vous dis que le stress, fumer, manger mal, une faible activité physique ou mal respirer raccourcissent votre espérance de vie je vous surprend? Probablement pas. Par contre, si je vous dis que respirer correctement allonge cette espérance de vie me croirez-vous? C’est pourtant ce qu’il ressort d’une revue de la littérature scientifique sur l’effet du Yoga, et en particulier de la composante pranayama (autrement dit la respiration) sur le vieillissement. Mieux, l’impact de la pratique semble se situer au niveau cellulaire! C’est ce dont je vais parler dans cet article.

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Miracle Morning: trouver une heure pour soi par jour!

Un des problèmes récurrents des gens à qui j’enseigne la respiration est le manque de temps. Souvent, trouver une demi-heure pour la pratique leur semble être le bout du monde. Les raisons sont nombreuses et très valables! Fatigue professionnelle, longs temps de trajet, vie familiale… Pire, même lorsqu’on est chez soi, on doit gérer des petites choses à faire qui en s’accumulant nos empêchent de trouver 30 minutes d’affilées que l’on pourra consacrer à prendre soin de nous!

Du coup, savoir qu’une pratique qui nous fait du bien est à notre portée mais que nous n’avons juste pas le temps de la mettre en oeuvre est souvent source de frustration qui mène à l’abandon.

Dans cet article, je vais vous proposer une solution qui vous permettra de dégager ce temps pour vous. Ce n’est pas directement lié à la respiration mais personnellement, j’utilise ce créneau pour la pratiquer. Cette solution est une méthode appelée le Miracle Morning et elle peut grandement améliorer votre vie quotidienne!

 

 

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Utilisation de la bouche pour respirer?

Inspirez par le nez, expirez par la bouche. C’est dans 90 % des cas ce que l’on cherche à faire quand on travaille la respiration. Si on s’intéresse spécifiquement à l’inspiration, 99% des techniques utilisent le nez. Il existe également des techniques où l’utilisation de la bouche sera même totalement proscrite. Pourquoi ne pas utiliser la bouche pour respirer et pourquoi vous devriez d’abord chercher à savoir si vous avez cette mauvaise habitude et ensuite la corriger? C’est ce que nous verrons ici. Dans cet article, je vais m’appuyer sur plusieurs publications scientifiques pour expliquer pourquoi la bouche n’est pas faîte pour respirer.

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Le systema: l’incarnation en mouvement du souffle

Connaissez-vous le systema? C’est un art martial venant de Russie et présentant une particularité très peu commune, la base de la pratique est le souffle. La respiration l’outil le plus utilisé. Surprenant non? Je pratique cette discipline depuis un moment déjà. Cette pratique influence le blog puisque je dirais qu’un bon tiers de mes techniques respiratoires viennent de là. J’ai donc décidé dans ce billet de parler un petit peu de cette discipline dont l’essence a plus sa place sur ce blog que sur celui parlant d’arts martiaux. Oui c’est assez paradoxal mais j’espère qu’à la fin de cet article, vous comprendrez pourquoi!

 

 

Mikhail Ryabko, fondateur du systema

Le systema, un art martial venant de Russie

Le systema dont je vais parler et le seul qui soit intéressant dans le cadre de ce blog est le systema Ryabko/ Vasiliev. Quand je dirai systema, je parlerai donc de cette discipline. Pour faire simple, c’est un style qui a été créé par Mikhail Ryabko dans les années 80 à Moscou. Sa diffusion mondiale s’est faîte grâce au travail de Vladimir Vasiliev (et sa femme Valérie) dans les années 90 au Canada.  Quand je dis créé, il faut comprendre cela comme un point de départ, puisque c’est réellement un work in progress. La discipline étant en fait ce que Mikhail Ryabko montre. Et il montre toujours plus. Par conséquent, le systema est loin d’être une discipline finalisée ou définie. Le seul truc qui le soit c’est sa finalité.

Sa finalité est d’ailleurs ce qui distingue le systema des autres arts martiaux et qui en ce qui me concerne fait qu’il ne peut pas être classé dans cette catégorie. Pour avoir écouté Mikhail Ryabko parler de cela directement, la finalité du systema est de devenir une bonne personne. Ceci signifie quelqu’un d’émotionnellement stable, capable d’être clair dans ses intentions et d’être capable d’aller au bout de ce qu’il entreprend. Ces qualités rendent au final la personne honnête.

Un exemple de la logique de travail, j’ai dîné il y a peu avec un de ses instructeurs moscovite qui était vers chez moi en vacances. Je lui disais qu’en ce moment, je n’avais pas le temps de m’entraîner 15 heures par semaine comme ce que je fais depuis environ dix ans à cause de nombreux projets en cours. Il m’a répondu que ce n’était pas grave. Ma pratique du systema, c’était mes projets, que l’entraînement n’était là que pour mettre en lumière les points que je dois travailler…Le systema est donc quelque chose à appliquer en permanence. C’est presque un état. Cet état conduit à être une meilleure personne.

Les quatre piliers du systema

Le systema s’articule autour de quatre piliers: la respiration, la structure, la relâchement et la mobilité. Ce sont des principes que nous devons reconnaître dans chacune de nos actions pour pouvoir appeler ça systema. Il y a une logique dans cette articulation. Une bonne respiration comme nous l’avons vu sur ce blog donne une bonne posture. Une bonne posture permet d’utiliser son énergie de façon plus efficiente et donc de relâcher nos tensions inutiles. Enfin, éliminer la tension permet de transmettre du mouvement constamment et donc d’être toujours mobile et adaptable. 

Premier point, vous noterez que je n’ai pas utilisé le mot corps.

Second point, vous noterez également que ces principes s’appliquent à absolument tout.

 

Attention toutefois à la notion de sans tension. A moins qu’une méduse me lise, vos muscles (et si ce n’est pas eux vos fascias) sont toujours en tension. Chercher à tout relâcher est illusoire et ne doit même pas être recherché. Sinon, tout ce que vous ferait sera mou, sans intention, comme après un cours de relaxation…

 

Le systema, une discipline basée sur l’utilisation du souffle

 

Tout mouvement en systema commence par le souffle. C’est extrêmement important. Malheureusement, cette phrase est mal comprise généralement. En fait, je ne connais personne qui a été capable de l’expliquer clairement. Me le montrer oui par contre mais ceux capables de le montrer outre les deux fondateurs ne sont qu’une poignée. 

Néanmoins, toute la discipline est basée la dessus. En effet, le souffle génère un mouvement permanent. Le souffle, pas la respiration. D’où souvent la question, comment je commence un mouvement avec ma respiration si je suis en apnée? Réponse: on ne le peut pas. Par contre avec le souffle oui. En effet, l’apnée est une composante du souffle tel que je l’ai défini dans un article précédent. Par conséquent à ce niveau-là, aucun problème pour toujours démarrer un mouvement par le souffle.

Comme je l’ai dit plus haut, je ne parle pas que du corps. Une pensée structurée se positionne avec le souffle. Ainsi, la pensée se pose naturellement en fin d’expiration. Si vous voulez construire une pensée stable et canalisée, démarrez la à l’inspiration, jamais à l’expiration. Par contre vous pouvez terminer un raisonnement à l’expiration pour l’assimiler et l’évacuer. Les apnées ont également un fort effet sur les pensées.

La logique de progression en systema

 

Comme je l’ai dit, le systema se base sur quatre piliers: respiration, structure, relâchement et mouvement. Tout démarre avec la respiration. La construction du corps se fait par la respiration naturelle. C’est en effet elle qui va donner cette structure si particulière permettant un relâchement optimal. Une fois la structure en place, la respiration va permettre de participer à relâcher les tensions, aussi bien physiques, qu’émotionnelles ou mentales. Ceci va créer une grande disponibilité. Quand le corps et l’esprit n’ont pas de tension à gérer, ils trouvent des solutions très originales et inattendues. 

Quand cette progression est effectuée, c’est à la capacité à s’adapter (trouver solutions) et à être imprévisible (inattendu) que le systema doit mener. Si quelqu’un est capable simplement de prédire comment vous aller réagir, c’est que quelque part, vous êtes bloqué. Attention, vous pouvez être bloqué par un comportement logique. Néanmois, ça vous rend prévisible. Si vous étiez libre, peut-être qu’une autre solution vous apparaîtrait.

Pour illustrer cela, faisons un petit test, vous laisserez votre réponse en commentaire. Imaginez que quelqu’un vous attrape la main par le poignet fermement. Votre but est de bouger. Que faîtes-vous?

La capacité à être toujours en mouvement créé une grande vivacité d’esprit. Lorsqu’on en est à ce point, le souffle est alors ce qui va nous permettre de nous réguler et de nous débarrasser de ce qui nous gêne.

 

Les bienfaits du systema pour le travail du souffle

 

Pourquoi pratiquer le systema  quand on s’intéresse au travail du souffle? Un gros avantage du systema est de solliciter énormément le corps. Ceci permet de vraiment voir si le souffle aide ou non. Tout le monde n’a pas les mêmes capacités physiques. Il y a donc peu d’intérêt à se comparer. Néanmoins, en utilisant le souffle, on atteint des performances beaucoup plus intéressantes à un niveau individuel. Par exemple, pas plus tard qu’il y a deux semaines, j’ai fait tenir en position de pompes mes élèves pendant 45 minutes. L’intérêt n’est là absolument pas de les rendre plus fort mais de tester si le souffle leur permet de rafraîchir et tenir le mental. Ceci permet de participer à un mouvement afin de soulager les muscles.

Tout le monde a tenu.

Ensuite, le systema met les gens en difficulté. Physiquement et émotionnellement. Il est difficile de se mentir quand on pratique. Enfin plutôt, il est facile d’être conscient de quand on se ment. La plupart du temps, les gens préfèrent juste ne pas en avoir conscience… Donc si on souhaite vraiment travailler, l’entraînement mettra vraiment en évidence nos problèmes. Et le souffle est souvent le moyen de les résoudre.

Généralement, les cours se terminent aussi par un cercle de parole. Il est assez facile de voir à ce moment-là qui se ment ;). Le cercle de parole est un exercice intéressant où on soulève les difficultés ou les choses que l’on a compris pendant l’entraînement. Si vous avez l’impression qu’une personne vous raconte sa psychothérapie, elle se ment. Vous n’avez pas besoin de faire l’étalage de votre état émotionnel et de vos traumatismes liés à l’enfance dans le cercle. Par contre ce qui peut être intéressant, c’est de comprendre qu’est-ce qui dans l’exercice a fait remonter ces choses là. Cela vaut pour les cercles de paroles en général dans les pratiques traditionnelles d’ailleurs.

 

Et la martialité dans tout ça?

 

J’ai commencé dans l’introduction en disant que le systema était un art martial russe. Pourtant nulle part dans cet article je n’ai parlé de quoique ce soit de martial. Ceci est aussi la raison pour laquelle je m’éloigne un peu du milieu. La martialité, je m’en fous. 

Peut-être vous souvenez de la logique de construction du systema. Les quatre étapes permettent de construire le physique mais également la psyché. Or, quand vous stabiliser la psyché, des choses changent. Deux en particulier, votre rapport aux peurs et votre variabilité émotionnelle. Or, la recherche de martialité dans notre société actuelle n’est liée qu’à deux choses non exclusives: la peur de l’autre et/ou la recherche d’une validation sociale par le pouvoir. Les compétences guerrières n’ont rien à voir avec un besoin d’une application concrète. Sauf si votre métier est lié à la violence ou à la guerre mais dans ce cas là, l’entraînement à l’usage des armes est plutôt ce qu’il se fait pour avoir une vraie pertinence en situation violente. Et si détruire l’autre vraiment c’est votre passion, il y a plus direct comme moyen que de s’intéresser au systema.

Par conséquent, paradoxalement, plus l’entraînement progresse, moins la martialité est intéressante. C’est pour moi un bon indicateur de niveau (avec les changements que les améliorations de l’entraînement produisent dans la vie de tous les jours). Par contre, même si la finalité martiale est peu pertinente, l’approche martiale est-elle l’outil de base. C’est en effet par l’art martial que l’on va se mettre en difficulté et révéler facilement les défauts à corriger pour progresser en tant qu’humain. Là réside tout le génie de la méthode. On doit donc rechercher l’efficacité dans la pratique des exercices, pas nécessairement la réalité (qui est de toute façon très relative).

 

Enlever plutôt qu’ajouter

Le systema est une technique sans forme. Ceci est perturbant et au final, on trouve des gens qui pour remplacer cette absence de forme singent les mouvements des fondateurs (ou en tous cas ce qu’ils en perçoivent). Pourtant, le systema est tout autre. Pourquoi le souffle est-il si central dans la pratique? Parce qu’on cherche à enlever plutôt qu’à ajouter. En systema, on postule que toutes les compétences sont déjà programmées en nous. Par contre, leur expression est gênée par nos tensions, nos schémas de pensée, notre conditionnement, nos croyances et nos peurs. Tout cela doit être éliminer.

Or, si le souffle peut passer, cela signifie que les tensions ont disparu. Le souffle va donc petit à petit à la fois nettoyer ces blocages et valider le fait qu’ils n’y sont plus. Moins il y en aura, moins on aura une forme reconnaissable, des réponses pré-programmées et des blocages. Tout sera plus fluide, plus uni, plus efficace (minimum d’énergie, maximum d’effort). On aura la sensation de suivre un flot continue et qu’il nous donne l’énergie pour être au bon moment au bon endroit. Tout le temps, et donc dans votre vie quotidienne. Vous remarquerez que bizarrement, vous faîtes des choix plus pertinents et que vous devenez miraculeusement moins poisseux… Tant et si bien qu’au final, il n’y aura rien de spécial dans ce que vous faites vu de l’extérieur. Vous entendrez souvent que vous êtes vraiment chanceux. Tout ça pour ça. C’est l’ego qui ne va pas être content s’il est au courant…

Les techniques respiratoires en systema

 

Si le souffle est central, la respiration est l’outil permettant de l’alimenter. Il y a globalement trois respiration principales à connaître en systema. La respiration profonde, la respiration d’ancrage, la respiration rythmique. A cela s’ajoute deux respirations un peu plus avancées, la respiration de relâchement et la respiration explosive. Il y a quelques respirations supplémentaires liées au souffle dont je ne parlerai pas. C’est mieux de les sentir.

Notez bien que les exercices pour travailler ces respirations se déclinent par dizaines… L’intérêt est que le corps apprend à automatiser la mise en place de la bonne respiration en fonction du besoin. Et contrairement à ce que j’ai pu entendre de la part d’incompétents, la respiration n’est pas un truc uniquement pour débutants… C’est au contraire la base et la partie la plus difficile de la pratique.

 

Conclusion

Le systema Ryabko est une superbe pratique. C’est également une très bonne école du souffle. On notera que dans cette école on ne parle jamais d’énergie. Si vous avez lu mon article sur l’histoire de la respiration, vous comprendrez que peut-être, ce n’est pas si vrai.

S’il y a une chose à retenir si vous vous intéressez à la respiration, c’est que dissocier la respiration et le souffle de façon général d’une pratique corporelle n’est pas une bonne idée. Le souffle fait le lien entre deux mondes. Un concret et l’autre plus abstrait. Sans le travail corporel qui permet de s’ancrer dans le concret, on peut vite se faire des films dans sa tête sur les effets du souffle, de la méditation ou que sais-je. Cela fera d’ailleurs l’objet de prochains articles.

Je tenais donc à parler du systema puisque cela a grandement influé sur ma vision de la pratique de la respiration. En terme de pratique, si elle est bien encadrée (regardez comment ils respirent, c’est déjà pas mal pour se faire une idée), c’est un vrai plus pour explorer les effets de la respiration. Il faudra ensuite aller voir ailleurs ou beaucoup plus loin pour des thématiques autre, mais cela construit une excellente base.

A bientôt

Yvan

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Respiration cyclique et lâcher-prise

Dans un article précédent, j’ai parlé d’approches physiques pour aborder le lâcher-prise. J’ai mis un focus sur l’importance de la détente musculaire dans le lâcher-prise. Dans ce cas la respiration permettait d’aider à ce relâchement. Aujourd’hui je vais parler de la respiration cyclique qui induit directement un lâcher-prise. En effet, cette respiration va vous permettre de consciemment amorcer un mouvement pour finalement laisser totalement la main à votre corps. En réussissant à faire cela et en le laissant durer dans le temps, vous exprimerez un lâcher-prise corporel en cédant le contrôle du mouvement à votre corps.

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