Asthme: la théorie du respirer trop

Entraînement sportif, santé

Dans cet article je vais parler d’asthme et plus particulièrement de pourquoi dans certains cas, la respiration peut aider à améliorer la situation. L’asthme est une maladie handicapante, pouvant survenir n’importe quand et générant énormément de stress et d’inconfort chez les malades en étant atteint. Les causes connues sont nombreuses et la solution générale est d’utiliser des anti-inflammatoires locaux pour soigner ponctuellement le malade ainsi que mettre en place un traitement de fond de la maladie.

L’asthme est de plus en plus présent dans la population. La pensée générale est que les facteurs déclenchant liés à la pollution atmosphérique sont de plus en plus présents. Pourtant, dans certains cas, il pourrait y avoir une autre explication. Ce sera l’objet de cet article.

Asthme et respiration

L’asthme, une maladie respiratoire

L’asthme est la maladie respiratoire la plus commune aujourd’hui. Elle touche en France environ 4 millions de personnes, provoque 60 000 hospitalisation par an et environ 1000 décès par an (source ameli.fr). Cette maladie chronique est liée à une inflammation constante des bronches provoquant une contraction des muscles lisses bronchiques ainsi que la surproduction de mucus. Résultats, les bronches sont bouchées et le débit d’air est fortement réduit. De plus, les bronches deviennent hyper-sensibles et suréagissent à l’environnement.

Cette inflammation serait multi-factorielle. Tout d’abord, certains terrains génétiques prédisposent à l’asthme. Néanmoins, c’est bien le contact avec un élément déclencheur qui va aggraver la situation jusqu’à empêcher la personne de respirer.  Parmi ces facteurs déclenchant, on trouve des allergènes classiques, poils de chat, pollen, pollution en général, cigarette ou peintures…

Lorsque les bronches hyper-sensibles rentrent en contact avec ce stimulus, elles vont encore plus se boucher en se comprimant, gonflant et produisant du mucus. Ceci empêche l’oxygène de rentrer dans le sang et donne la sensation d’étouffer malgré le fait d’inspirer. Les premières fois, cela s’accompagne de la panique et peut devenir une expérience traumatisante.

Avec le temps, les crises restent un évènement anxiogène pour le moins et dangereux dans le pire des cas.

Le traitement de l’asthme

Le traitement de l’asthme repose sur deux stratégies. La première, diminuer l’inflammation chronique des bronches via un traitement de fond. Ce traitement est là pour contrôler la situation et non pas pour jouer sur les symptômes en phase aigüe. Ce traitement permettra de diminuer la violence des crises en baissant le niveau de sensibilité et de réaction des bronches. Pour cela, on utilise des corticostéroïdes plutôt en inhalation. Pris en petites quantités et par cette voie, ils permettent de n’avoir que peu d’effets secondaires.

Parfois, en cas de cas grave, des bronchodilatateurs sont également prescrits. On peut aussi parler des molécules visant les médiateurs de l’inflammation permettant également de la diminuer. Néanmoins, on ne les utilise que dans des cas avancés, les effets secondaires étant plus gênants.

La deuxième stratégie est la gestion de crise. Pour cela, on utilise des broncho-dilatateurs à action rapide. Leur prise sert à limiter les effets en cas de crise d’asthme ou en préparation d’un effort sportif pour limiter l’asthme à l’effort. Ponctuellement, il ne pose pas de soucis, toutefois, sur la durée, ils peuvent entraîner une accélération du rythme cardiaque, augmentation de la nervosité et tremblement.

Parfois, on peut contrôler son asthme uniquement avec des traitements de crises. Toutefois, s’ils sont ou deviennent moins efficaces ou que les effets de la crise restent importants, un traitement de fond s’imposera sûrement après consultation médicale.

La théorie du respirer trop

Parmi les recherches sur la respiration, un des pionniers est clairement le Dr. Buteyko. Bien que contreversées, ses recherches sont aujourd’hui reprises et on constate qu’il pourrait bien y avoir des choses très intéressante dans sa théorie. Parmi les recherches les plus courantes sur la méthode Buteyko, on retrouve le travail sur l’asthme. En effet, Buteyko proposait de pouvoir guérir l’asthme simplement en respirant mieux…

En quoi consiste la théorie en question et quel est son impact sur l’asthme? Pour rappel, Buteyko prône le fait que nous respirions trop. Cette hyperventilation chronique mènerait à tout un tas d’effets désagréables sur notre santé. Pourquoi? Parce qu’en hyperventilant, nous éliminons trop le CO2 que nous avons dans le corps. Cette élimination entraîne une plus mauvaise oxygénation des tissus qui ont donc un métabolisme ralenti qui aura un impact sur notre santé.

Quel rapport alors avec l’asthme? Selon Buteyko, l’asthme pourrait alors être un moyen pour le corps de diminuer notre ventilation pour retenir plus de CO2 et améliorer ainsi l’oxygénation des tissus. En gros, le corps déclencherait volontairement des crises d’asthme quand le niveau de CO2 est trop faible dans les tissus. Voilà pour la théorie.

 

Utiliser le respirer moins pour améliorer la condition face à l’asthme

La théorie de Buteyko est séduisante. Néanmoins, à mon avis, il y a des bémols à y intégrer. Tout d’abord, tous les types d’asthmes ne sont pas concernés. Plus le terrain génétique est important, moins cette stratégie sera efficace. Par contre, pour certains asthmes, comme l’asthme du sportif, ou des asthmes légers, c’est vraiment une stratégie à tester.

L’idée est de s’entraîner à respirer de plus en plus lentement, toujours par le nez et d’augmenter la tolérance au CO2 en même temps. Par exemple, vous pouvez faire une apnée vide d’une quinzaine de secondes, respirer pendant 30 secondes moitié moins que ce que vous aimeriez puis 45 secondes normalement et recommencer. Faire cela pendant 10 minutes.

A quels résultats pouvez-vous vous attendre en utilisant ce type d’approches? Plusieurs études ont comparé des groupes d’asthmatiques traités avec médicaments et avec médicaments plus travail respiratoire. Les résultats obtenus ont été que le groupe respiration avait cessé la prise de médicaments d’urgence. Ceci a été reproduits. Par contre, l’asthme n’était pas guéri donc ce n’est pas une formule miracle. Attention cependant, l’étude a été menée sur une période courte. Il est possible que des résultats à long terme soient encore plus profitables. En tous, cas, plus d’études sur le sujet devraient être menées.

Par contre, essayez avec parcimonie et consultez un médecin avant d’essayer. En cas d’asthme du sportif, faîtes le dans des périodes de calme, il n’y a pas de risques particuliers mais les résultats seront là!

Les effets d’une respiration calme en général sur l’asthme

Les résultats de la méthode Buteyko existent. Toutefois, est-ce la bonne explication théorique? Pour l’instant, cela reste en suspend. Par contre, ceux qui suivent ce blog le savent, la respiration permet de jouer sur le système nerveux végétatif. Or, celui-ci est impliqué dans la régulation de l’inflammation. Mettre en place une respiration calme, comme la cohérence cardiaque mais également le ralentissement de la respiration comme chez Buteyko pourrait directement participer à une meilleure gestion de l’inflammation en contrôlant ce phénomène dérégulé dans le cas de l’asthme.

Enfin, dernier point, il y a toujours une part physiologique et une part ressentie dans toutes les maladies. L’asthme en plus de réellement réduire la respiration génère aussi du stress qui peut aller jusqu’à la panique qui bloquera également la chaîne respiratoire. Ceci aura tendance à aggraver les symptômes et à faire prendre le traitement beaucoup plus tôt. Buteyko en habituant les gens à respirer moins augmente la tolérance au CO2 et à la sensation de manque d’air en en faisant quelque chose de banal. Il est donc possible que cette habituation ait un effet sur la réaction psychologique à l’asthme et améliore donc la réponse.

Conclusion

 

L’asthme gêne la vie d’énormément de personnes. Une solution est pour améliorer la situation en association avec les traitements médicaux d’utiliser un travail respiratoire. En effet, dans certains cas, l’asthme pourrait être lié au besoin du corps de stopper une hyperventilation chronique selon le docteur Buteyko.

En augmentant, le niveau de CO2 dans les tissus, le corps réagirait moins et aurait moins tendance à faire de l’asthme. En tous cas, ce type d’approches ont des effets selon les études. En pratique, certains de mes élèves asthmatiques ne font plus de crises depuis environ un an après le début de la pratique. Dans tous les cas, demandez à votre médecin si cela ne pose pas de soucis d’essayer ce type d’approches et commencez doucement pour être sûr que cela ne déclenche rien. Après, vous vous ferez votre propre idée 🙂

 

 

J’espère que cet article vous a plu. Merci de le partager si c’est le cas!

Si vous voulez respirer moins, la respiration naturelle est d’une grande aide. N’oubliez pas de télécharger le guide des huit exercices pour la développer.

Je vous dis à bientôt

 

Yvan

 

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