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biologie

La méthode Buteyko: respirer moins et aller mieux

Dans la croyance commune, il faut respirer profondément et expirer longuement par la bouche. Or, pour certains, c'est une hérésie. Pourquoi? Parce qu'ainsi, on perd notre CO2 ce qui paradoxalement nous empêche de bien assimiler l'oxygène.

La méthode Buteyko est une méthode d'apprentissage respiratoire fondée par le Dr. Konstantin Buteyko. C'est à l'heure actuelle en ce qui me concerne la méthode la plus intéressante de respiration pour la santé générale. Le docteur Buteyko a posé l'hypothèse que globalement on ventile trop. On notera la nuance entre ventiler et respirer. Sa méthode vise donc à réguler la ventilation pour améliorer la qualité de la respiration en évitant une perte excessive de CO2. C'est ce que je vais développer dans cet article.

L'idée mérite qu'on s'y arrête. Mais il faut distinguer trois questions : est-ce qu'une personne ventile effectivement trop, est-ce que changer sa respiration l'aide, et est-ce que cette amélioration s'explique par le mécanisme proposé ? Ce ne sont pas trois façons de poser la même question.

Konstantin Buteyko

Le Dr. Konstantin Buteyko

Dans un entretien réalisé en 1982 et publié en 1990, Buteyko raconte comment il en est venu à cette hypothèse. C'est son récit, traduit et conservé par la communauté Buteyko. Il éclaire sa démarche ; il ne constitue pas à lui seul une vérification indépendante de ses résultats.

Konstantin Buteyko est né en 1923 en Ukraine. Il suit des études de médecine à Moscou. Durant ses études, il travaille sur le suivi de patients. Son travail consistait alors à rester assis à côté du lit des patients et à enregistrer leurs motifs respiratoires, parfois jusqu'à leur mort. Il raconte avoir observé une respiration de plus en plus profonde à l'approche de la mort. Selon lui, ses analyses devinrent tellement précises qu'il était capable de prédire combien de jours ou d'heures il restait au patient en fonction de son motif respiratoire. Les motifs respiratoires deviendront alors son principal sujet d'intérêt.

Buteyko obtint son diplôme de médecine en 1952. Il continua ses recherches. Dans cet entretien, il raconte notamment le cas d'un patient qui perdit connaissance alors qu'on lui demandait de respirer profondément pendant une auscultation. Cette anecdote ne permet pas, à elle seule, d'établir le mécanisme. L'explication physiologique d'une hyperventilation n'est pas que l'oxygène viendrait « saturer le cerveau ». Une hyperventilation fait baisser le CO2 et monter le pH ; elle peut notamment réduire le débit sanguin cérébral. On peut donc avoir un sang très bien oxygéné et se sentir très mal. Une expérience chez dix volontaires illustre cette baisse du CO2 et du débit cérébral pendant une hyperventilation volontaire.

On parle d'ailleurs bien d'hyperventilation avec des respirations seulement profondes ! Ce qui compte est le volume ventilé par rapport aux besoins du moment, pas seulement la vitesse à laquelle on respire.

Premières observations liant CO2 et pathologies

Dans ce récit, Buteyko explique qu'il souffrait lui-même d'hypertension et qu'il avait rapproché son état de sa manière de respirer. Il était déjà connu que l'hyperventilation diminuait le CO2 sanguin. Il théorisa donc que si l'hyperventilation le diminue, en ventilant moins, les niveaux de CO2 remonteraient. Ceci pourrait donc, selon son hypothèse, agir sur la pathologie.

Sa logique était donc de corréler le niveau de CO2 avec diverses maladies et son hypothèse de travail était que réguler le niveau de CO2 permettrait de restaurer la santé. Le moyen le plus simple de faire était de changer la manière de respirer.

La mise à l'épreuve de l'hypothèse de travail

Buteyko rapporte avoir testé son hypothèse avec des patients, notamment asthmatiques ou atteints d'angine de poitrine. Il cherchait à relier leurs symptômes, leur manière de respirer et leur CO2. Selon lui, corriger la respiration faisait disparaître les crises ; revenir aux anciens motifs respiratoires les faisait réapparaître. Il y voyait une relation directe entre la manière de respirer et ces manifestations de maladie.

Le fait que la manière de respirer puisse influer sur la santé est d'une importance capitale. Mais observer une amélioration, même répétée, ne suffit pas à démontrer que toutes les maladies concernées ont la même cause. C'est précisément ce qu'une étude doit permettre de départager.

La méthode Buteyko

La théorie de Buteyko peut ainsi être formulée. L'hyperventilation provoque une baisse du CO2 sanguin. L'hypocapnie peut favoriser une vasoconstriction, notamment cérébrale, et l'alcalose modifier la libération d'oxygène par l'hémoglobine. Buteyko interprétait alors différentes manifestations de maladie comme des mécanismes de défense contre la perte de CO2. Ainsi, arthrose, asthme, hypertension, angine de poitrine : il proposait une explication commune à des maladies très différentes.

C'est là qu'il faut séparer le mécanisme connu et son interprétation. L'effet Bohr explique un changement d'affinité de l'hémoglobine pour l'oxygène. Il ne démontre pas, à lui seul, que toutes ces maladies sont provoquées par un manque de CO2.

Cette manière de voir les choses heurte l'idée qu'il faudrait toujours respirer davantage. Entre parenthèses, cette manie de respirer profondément est en fait une mauvaise compréhension de nombreuses pratiques respiratoires qui confondent respirer profondément et ventiler profondément. On y reviendra.

Schéma respiratoire présenté dans l'article original

Schéma présenté dans la version originale pour illustrer une respiration lente avec pause expiratoire ; ce n'est pas une norme médicale universelle.

Comme on peut le voir sur ce schéma, l'expiration dure plus longtemps que l'inspiration et elle est suivie d'une pause. Un cycle respiratoire se rapproche par conséquent des dix secondes. Il s'agit bien d'expirer plus longtemps, pas d'expirer durablement davantage d'air qu'on en inspire. L'intérêt du relâchement est de laisser le diaphragme travailler sans ajouter de tensions inutiles.

On remarquera que ce nombre de cycles par minute est proche de la cohérence cardiaque. Cela ne signifie pas que six respirations par minute seraient le rythme naturel obligatoire de tout le monde. La question de Buteyko reste intéressante : peut-on retrouver une ventilation mieux adaptée, sans avoir à fabriquer continuellement de grandes respirations ?

La difficulté à faire accepter un nouveau paradigme

Faire accepter un nouveau paradigme à la communauté scientifique est difficile. Le faire accepter à la communauté médicale, c'est encore pire. Dans son entretien, Buteyko décrit les refus, les financements obtenus puis les obstacles rencontrés par son équipe. Il rapporte avoir formé des médecins et obtenu plus de mille guérisons chez des personnes souffrant d'asthme ou d'hypertension. Il attribue aussi certaines fermetures de son laboratoire à l'opposition de responsables médicaux, notamment de chirurgiens.

Ces affirmations font partie de l'histoire de la méthode. Elles demanderaient les dossiers, les critères de guérison et les données de suivi pour être évaluées. L'opposition rencontrée par une idée ne la rend pas fausse ; elle ne la rend pas vraie non plus.

Premiers essais cliniques

Buteyko raconte ensuite avoir obtenu un essai sur des patients particulièrement difficiles à traiter. Dans l'entretien cité, il parle de 46 patients, avec deux échecs, puis d'un second essai sur l'asthme dans les années 1980. Il décrit de nouveaux succès et une reconnaissance officielle. Ce sont encore des résultats rapportés par Buteyko lui-même, pas des taux d'efficacité que l'on peut reprendre tels quels pour un patient aujourd'hui.

Il faut le garder en tête. Sans publication clinique et données vérifiables permettant d'examiner ces récits, ces résultats ne peuvent pas être considérés comme canoniques mais restent à confirmer. Par contre, ce sont des résultats qui devraient mener à débloquer des fonds pour conduire les recherches nécessaires…

La recherche indépendante sur Buteyko

Le problème avec ces récits est qu'on ne sait pas toujours ce qui est documenté, reconstruit ou transmis par les défenseurs de la méthode. De même, la communauté Buteyko n'est pas, à elle seule, une source scientifiquement indépendante. Comme toute communauté, l'effet psychologique de la communauté peut directement influer sur les résultats. On retrouve cela dans toutes les pratiques reposant sur une personnalité forte. Et surtout, il n'y a pas moins objectif que quelqu'un qui a trouvé une solution miracle (jusqu'à ce qu'il en trouve une autre). Il est donc intéressant de savoir aujourd'hui ce qui scientifiquement a été fait de façon indépendante sur la méthode Buteyko.

Dans la version de 2018, je relevais le petit nombre de publications accessibles sur PubMed. La littérature s'est enrichie depuis, mais une bonne partie de la recherche clinique concerne toujours l'asthme. La revue de Bruton et Lewith, publiée en 2005, décrivait déjà des protocoles hétérogènes et plusieurs limites méthodologiques. Les interventions ne se réduisaient pas à une manipulation isolée du CO2 : elles pouvaient mêler respiration, relaxation, information et accompagnement.

Il est donc difficile de savoir quelle composante produit quel résultat. C'est une vraie question de recherche. Dire « la personne va mieux » ne permet pas encore de dire pourquoi elle va mieux.

Les études sur l'asthme : qu'améliore-t-on exactement ?

Un essai de Bowler et ses collègues, en 1998, apporte déjà un résultat intéressant. Chez 39 personnes, Buteyko s'accompagnait d'une baisse de l'utilisation des bronchodilatateurs et de la ventilation minute, sans changement du CO2 en fin d'expiration ni du VEMS, le volume expiré pendant la première seconde d'une expiration forcée. L'amélioration de certains résultats n'allait donc pas automatiquement avec une hausse du CO2 mesuré.

En 2008, Cowie et ses collègues ont réalisé un essai plus important : 129 adultes répartis entre Buteyko et une autre intervention respiratoire proposée par un kinésithérapeute. Les deux groupes conservaient leur prise en charge médicale. C'est un détail décisif : on comparait deux accompagnements respiratoires, pas Buteyko à l'absence de toute intervention.

Après six mois, le contrôle de l'asthme et la qualité de vie avaient progressé de façon similaire dans les deux groupes. Par contre, la diminution des corticoïdes inhalés était plus marquée dans le groupe Buteyko. Les participants avaient pour consigne de discuter toute réduction des corticoïdes inhalés avec leur médecin. L'essai ne mesurait ni le CO2 ni la ventilation : il ne peut donc pas nous dire si le bénéfice venait d'une remontée du CO2.

La question du temps de rétention appartient à une autre étude, celle de Courtney et Cohen, également en 2008. Chez 83 adultes, la relation entre durée de rétention et CO2 expiré était faible, et dans le sens opposé à celui prédit par Buteyko. Une relation avec le mode respiratoire apparaissait dans un sous-groupe, mais cela ne transforme pas la pause respiratoire en mesure universelle de la qualité de la respiration. Buteyko a donc des résultats intéressants ; par contre, la théorie serait-elle à repenser ?

D'autres études sur Buteyko

Prem et ses collègues, en 2013, ont comparé Buteyko, pranayama et prise en charge habituelle chez 120 patients. Pourquoi le pranayama ? Parce que certaines de ses pratiques travaillent également sur le ralentissement et la régulation de la respiration. Je parle ici de certaines pratiques lentes, pas de toutes les techniques regroupées sous ce nom, qui peuvent avoir des objectifs très différents.

Les participants des groupes Buteyko et pranayama continuaient leurs médicaments selon les instructions du médecin. Les exercices étaient ajoutés au traitement. Les deux groupes obtenaient une meilleure qualité de vie que le groupe de prise en charge habituelle. Buteyko présentait un résultat un peu supérieur au pranayama, mais la différence entre ces deux groupes n'atteignait pas le seuil statistique retenu. On ne peut donc pas annoncer que cette étude démontre la supériorité de Buteyko sur le pranayama. Par contre, elle pose toujours la même question : quelle part du résultat vient du rythme, du relâchement, de l'attention portée à la respiration ou du CO2 ?

La revue de Sankar et Das, mise en ligne en 2017, envisageait aussi un intérêt aux exercices respiratoires chez certains enfants asthmatiques, tout en demandant des recherches supplémentaires. Elle portait sur plusieurs types d'exercices ; elle ne démontrait pas un « avantage certain » propre à Buteyko.

Un essai publié par Vagedes et ses collègues en 2024 a étudié 60 adultes pendant trois mois. L'ajout de Buteyko au traitement habituel améliorait le contrôle symptomatique et permettait une réduction des médicaments, sans changement significatif du VEMS ni du marqueur d'inflammation bronchique mesuré. Mais le groupe témoin ne recevait pas un accompagnement équivalent et le critère principal était la pause respiratoire, que les participants entraînaient directement. Un meilleur score à une tâche entraînée ne suffit pas à expliquer l'amélioration de l'asthme.

Un essai publié en 2026 rapporte également des améliorations après six semaines, dont certaines mesures de fonction respiratoire. Il faut toutefois regarder le programme entier : il comportait aussi de la marche avec apnée et ne mesurait pas le CO2. Pour certaines mesures, il faut aussi distinguer une amélioration dans le groupe entraîné d'une différence démontrée entre les deux groupes. Ces résultats sont encourageants, mais ne permettent pas d'attribuer tous les changements à une seule explication physiologique.

Que retenir alors? Buteyko semble marcher mais la théorie physiologique qui sous-tend la méthode n'est pas encore démontrée.

Les bénéfices étudiés concernent surtout certains symptômes et la qualité de vie dans l'asthme. Les exercices s'ajoutent au suivi médical ; ces essais ne permettent pas de remplacer ou de modifier soi-même son traitement.

La physiologie sur laquelle s'appuie Buteyko

Selon Buteyko, pourquoi sa méthode fonctionne?

Pour comprendre Buteyko, il faut d'abord comprendre l'effet Bohr. Il décrit comment le CO2 et le pH modifient l'affinité de l'hémoglobine pour l'oxygène. Si la ventilation alvéolaire devient excessive par rapport à la production de CO2, celui-ci diminue : c'est l'hypocapnie. Avec l'alcalose, l'hémoglobine retient davantage l'oxygène, à conditions comparables. Cela ne signifie pas que l'oxygène ne passe plus du tout dans les tissus.

Le manque de CO2 peut aussi entraîner une vasoconstriction, notamment cérébrale. Buteyko y voyait un mécanisme de défense pour limiter la perte de CO2. Il faut présenter cette dernière idée comme son interprétation, pas comme une intention démontrée du corps. La température, la circulation et l'activité des tissus interviennent aussi. On ne peut pas isoler un seul paramètre et lui faire expliquer toute la respiration.

Pourtant, certains essais trouvent des améliorations sans hausse du CO2 en fin d'expiration. Et le temps de rétention ne se comporte pas comme le thermomètre du CO2 attendu par Buteyko. Pourquoi alors ? La pratique peut agir par plusieurs voies. Mais on peut aussi se demander si la mesure choisie décrit complètement le mécanisme que l'on cherche.

Mon hypothèse reste que la seule mesure du CO2 en fin d'expiration ne décrit peut-être pas tout ce qui se passe dans les tissus. Il faudrait relier cette mesure au pH, aux échanges locaux et à la manière de respirer, au lieu de supposer que tous ces indicateurs disent exactement la même chose. Par contre, cela ne suffit pas à déclarer la mesure mauvaise ou à conclure que Buteyko a forcément raison. Si un mécanisme tissulaire explique les résultats, il faut montrer lequel et le mesurer. Bref, il manque encore des données pour départager ces explications.

La précision est importante : la pression partielle du CO2, la quantité totale transportée, le bicarbonate et le pH sont liés, mais ce ne sont pas des mesures interchangeables. Le modèle d'O'Neill et Robbins distingue notamment les différentes formes de transport du CO2 dans le sang. Leur existence ne prouve pas qu'un stock tissulaire caché explique les effets de Buteyko. Inversement, le CO2 expiré reste une mesure utile : une étude chez des adultes en exacerbation d'asthme trouvait une bonne concordance avec le CO2 artériel. Utile ne veut pas dire qu'il mesure tous les compartiments du corps.

Il existe aussi des résultats qui vont dans le sens d'un intérêt du CO2. Dans un essai de Ritz et ses collègues en 2014, 120 patients ont suivi soit un entraînement guidé par capnométrie pour faire remonter le CO2 expiré, soit une respiration lente. Les deux groupes progressaient ; la hausse du CO2 mesuré était plus importante avec l'entraînement guidé, qui obtenait aussi certains bénéfices supplémentaires. La piste n'est donc pas fermée. Mais ce programme n'est pas la méthode Buteyko classique et ne démontre pas que ses effets viennent d'une meilleure oxygénation cellulaire.

Une méthode à tester

Voilà en gros des éléments sur la méthode Buteyko. En ce qui me concerne, c'est une méthode très efficace, en particulier au niveau sportif. Buteyko s'approche d'autres types de respirations dans la logique, comme la marche afghane ou certaines pratiques de pranayama. Mon appréciation de la pratique sportive reste distincte des résultats des essais sur l'asthme : ces essais ne démontrent pas un gain de performance chez des athlètes.

Pour observer votre respiration, vous pouvez regarder vos temps de rétention, au calme et assis. Inspirez et expirez normalement puis, à la fin d'une expiration, pincez votre nez et arrêtez de respirer. Dès la première envie de reprendre l'air, reprenez votre respiration. N'attendez pas une contraction involontaire. Cette première inspiration doit être totalement contrôlée, sinon, c'est que vous avez tenu trop longtemps. Ne cherchez pas à atteindre un chiffre et ne faites pas cet essai pendant une crise respiratoire ni dans l'eau.

Ce temps peut servir de repère personnel si vous refaites le test dans les mêmes conditions. Les 45 secondes à une minute parfois avancées dans cette approche ne sont pas une frontière médicale entre bonne et mauvaise respiration. Un temps inférieur ne permet pas, à lui seul, de conclure que vous hyperventilez ou que vos tissus manquent d'oxygène.

Un travail sur votre motif respiratoire et sur vos pauses peut donc être intéressant. L'objectif est d'observer ce qui change dans votre respiration et dans votre confort, pas de transformer un chronomètre en diagnostic.

Conclusion

La méthode Buteyko est moins spectaculaire que certaines pratiques respiratoires. Pourtant, l'idée de mieux ajuster sa ventilation mérite qu'on s'y intéresse. Les études sur l'asthme donnent des raisons de la prendre au sérieux comme pratique complémentaire. Elles ne valident ni une guérison générale par le CO2 ni toutes les applications envisagées, notamment dans le sport.

Son problème vient du fait que les gens ne comprennent pas l'idée qu'ils respirent trop. Il est contre-intuitif de penser que respirer profondément pourrait en fait être nocif. Pour leur défense, la physiologie respiratoire n'est pas une discipline facile à appréhender.

Pourtant, ce n'est pas la profondeur seule qui décide de l'hyperventilation. C'est la ventilation alvéolaire rapportée aux besoins du moment. Une respiration ample et lente peut très bien éviter de surventiler. C'est pourquoi la question d'une respiration naturelle, adaptée à ce que l'on fait, reste centrale. Observez votre respiration, et laissez votre opinion sur la question !

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À bientôt,

Yvan

18 commentaires

  1. Djé dit :

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour tous vos articles de qualité et vraiment intéressants.
    Comme vous le dites, la méthode Buteyko est vraiment sous estimé, ce qui est fort dommage.
    Je pratique la méthode oxygen advantage, qui est la suite de la methode buteyko, et c’est une aide précieuse pour mes douleurs suite a des maux de dos et des problèmes de sommeil.

    1. Yvan dit :

      Bonjour,

      merci pour le retour!
      Oui oxygen avantage est une très bonne méthode dans ce qu’elle propose!

  2. JF Pardonche dit :

    Bonjour

    Je viens de découvrir votre site et je le trouve super intéressant ! Je trouve enfin des réponses (claires) à mes questions (effet de Bohr, Wim Hof, …).

    Du coup, une question me vient.
    Si j’ai bien compris, la méthode Buteyko tend à augmenter le taux de CO2 dans le sang alors que la méthode Wim Hof tend à diminuer le taux de CO2. On pourrait penser que les deux méthodes sont opposées a priori.
    Mais est-ce qu’on ne pourrait pas les comparer en terme de stress (stress chronique versus stress ponctuel) ?
    C’est à dire que
    – Dans la méthode Buteyko, les personnes souffrent d’un taux de CO2 bas (stress chronique néfaste). Il est donc utile que leur taux de CO2 remonte.
    – Dans la méthode Wim Hof, les personnes stressent ponctuellement leur organisme en diminuant leur taux de CO2 (stress ponctuel bénéfique)

    Ne serait donc pas un peu comme pour le froid ?
    – Le froid chronique (SDF dans la rue l’hiver) est néfaste. Il faut mettre la personne au chaud (méthode Buteyko)
    – Le froid ponctuel (une personne qui prend une douche froide). L’effet est bénéfique si l’on reste dans les capacités adaptatives de l’individu (méthode Wim Hof)

    Merci beaucoup pour toutes ces informations !!!
    JF

    1. Yvan dit :

      Bonjour et merci pour le message!

      En fait Buteyko tend à améliorer le fonctionnement du système en améliorant la disponibilité de l’oxygène pour les tissus, Wim Hof plutôt à le doper en déclenchant des shoots hormonaux. Effectivement, ils ne sont pas forcément efficaces pour les mêmes choses.

  3. Marion Psonka dit :

    bonjour
    j’ai tester la méthode d’après vos indications, mais je ne suis pas sûre de bine comprendre l’exercice:  » Dès la première gêne, en gros, le premier mouvement diaphragmatique involontaire, reprenez votre respiration. Cette première inspiration doit être totalement contrôlée, sinon, c’est que vous avez tenu trop longtemps. si vous êtes entre 45 secondes et une minute, votre respiration est bonne. En dessous, vous hyperventilez certainement et vous êtes donc en hypoxie. » les 45 sec à une minutes c’est le temps de rétention? pour moi c’est énorme, et si je regarde le schéma de l’article cela ne correspond pas , merci de m’éclairer, bien à vous MArion

    1. Yvan dit :

      Bonjour Marion,

      le test ne correspond pas au schéma. Le schéma c’est juste la respiration idéale, pas un test. Effectivement, pour la plupart des gens, le signal d’inspiration est tellement précoce, que la plupart des gens sans entraînement sont en dessous des 15 secondes. Le but est de taper dans les 45 secondes à une minute. Mais oui ça demande de l’entraînement!

  4. Micheline Laporte dit :

    Bonjour Yvan,

    Merci pour toutes ces informations !

    Depuis plus d’un an 1/2 je pratique la méthode de respiration Wim Hof et le froid et je trouve que mon corps est beaucoup plus vitalisé. J’aimerais bien faire la pratique de la méthode Buteyko est que ces 2 méthodes sont incompatibles ensemble.

    Il y a peu de vidéo sur cette méthode est-ce qu’il y a des livres que tu me suggères. J’ai bien aimé les tests de respiration et je pense que j’ai de la pratique à faire à ce niveau.

    Que penses-tu de la respiration intermittente ?

    Merci pour tout,

    Micheline

    1. Yvan dit :

      Bonjour Micheline, merci pour ton message!

      Je ne vois pas d’incompatibilité entre les deux méthodes pour peu qu’on sâche ce qu’on cherche. Le livre le plus simple est oxygen advantage de McKneown. Pour le reste, il faut aller chercher les protocoles dans les articles de Buteyko et son équipe.

      Rien de particulier pour la respiration intermittente. C’est ce qu’on peut voir en pranayama par exemple avec un peu de Buteyko pour les explications. J’ai lu le livre par contre et je suis désolé de dire que c’est assez indigeste, pas mal d’infos erronées, beaucoup de répétition et aucun exercice pratique…

  5. marc dit :

    vaut il mieux expirer par e nez ou la bouche pour favoriser une meilleure détente et de plus que pensez vous de la respiration intermittente de loris vitry qui a mis au point cette méthode merci

  6. Christine dit :

    Super article, merci Yvan
    Par contre je ne vois pas pourquoi tu dis cela : » Peu surprenant puisque le pranayama a une logique physiologique proche de Buteyko »
    Il y a tant d’exercice de Pranayama et très nombreux avec des temps d’inspiration long et des rétentions à poumons pleins….
    Le cocktail parfait pour éliminer le fameux précieux CO2 et stimuler le sympathique, le contraire de Buteyko

    1. Yvan dit :

      Bonjour Christine, merci pour ton message.

      Quand je parle de Pranayama, je parle surtout des pratique d’allongement de la respiration, voir des respirations par narines alternées. Je ne le prend pas dans le sens techniques de respiration du Yoga. Parce que sinon, si on prend l’ensemble des techniques, tu as raison, cela ne va pas dans le même sens. Mais les objectifs sont aussi différents.

  7. Max dit :

    J’adore cet article. Il existe des formations en France ?

  8. Arkadie dit :

    bonjour Yvan!
    tout d’abord, j’espère que tout va bien: je m’étonne de ne voir aucun commentaire depuis le 14 février dernier..
    … il s’est passé tant de choses pour nous et autour de nous, et avoir ou acquérir une bonne respiration s’est avérée être, j’en suis convaincue, un atout aussi évident qu’essentiel.
    En tous cas, personnellement, 20 années de pratique d’un yoga du souffle (un parmi tant d’autres!) m’ont sûrement sauvée d’un naufrage physique et/où psychique!
    j’ai découvert cette année, grâce a ma fille, la particularité et les bienfaits de l’approche de Buyteko, et c’est en cherchant sur le net un site qui en parle ( pour le partager avec mon fils) que j’ai trouvé votre blog; je voulais juste vous remercier pour vos partages, voilà qui est fait;)!

    1. Yvan dit :

      Merci!

      Il y a quelques commentaires sur d’autres articles 😉

      1. Arkadie dit :

        en effet, j’ai été un peu trop vite.. et laissé ce commentaire alors que je n’avais pas encore vraiment visité votre site, mais après avoir commencé a le parcourir, mon merci en est d’autant plus large et reconnaissant!

  9. Constantin dit :

    Bonjour Yvan,
    Merci pour tout tes artilcles. Top!
    Je pratique les bains froid depuis deux ans et suis maintenant a plus de 10 minutes a 1 degres. Je ne pratique pas la methode wim Hof. Dans l’eau, Je « chante » sous forme de grande expiration d’environ 1 minute suivit d’une grande inspiration rapide. J’ai remarque que cette methode me permettais de mieux resister au froid.
    Comment pourrais-tu exliquer cela?
    Je te remercie.

    1. Yildiz Helene dit :

      Bonjour, l’explication est surtout basée sur la détente de vos muscles.
      Plus l’expiration est longue plus votre capacité à vous détendre et détendre vos muscles sont importants. Et de facto, ceci engendre une meilleure résistance au froid.

      Donc continuer à respirer profondément et à expirer profondément en douceur je dirai afin de continuer à augmenter votre temps d’exposition au froid !
      Bonne respire 🙂

  10. Max dit :

    Bonjour et merci pour votre article bien détaillé!

    Du coup selon vos sources la méthode peut être pratiquée de quelle manière au quotidien?
    Durant un footing par ex. on la pratique en continu?

    Bonne continuation

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