Bonnes ou mauvaises émotions?

Comprendre la pratique

Le travail des émotions est difficile. il nous met en face de nous-mêmes ce qui peut être assez désagréable. Généralement, dans ce type de travail on va chercher les bonnes « émotions », pour se sentir de bonne humeur et ne s’être jamais senti aussi bien dans sa vie. De mon point de vue c’est un écueil.Dans ce court article, je vais discuter de mon travail sur les émotions et comment j’approche cette recherche en ne différenciant pas bonne ou mauvaise émotion.

 

Définir une bonne ou une mauvaise émotion

 

Comment pourrait-on définir une bonne ou une mauvaise émotion? Si vous demandez rapidement aux gens autour de vous, la réponse sera certainement la suivante. Une bonne émotion vous fait vous sentir bien, une mauvaise émotion vous fait vous sentir mal. D’accord. Mais, est-ce que cela suffit à étiqueter quelque chose comme bon ou mauvais?

Si je prend par exemple le sport. L’effort peut vous faire vous sentir mal. Pourtant, le sport c’est « bien » non? A l’inverse, un addict à n’importe quelle drogue se sent super bien quand il consomme. Mais la drogue c’est « mal »…

Revenons à la base, à l’évolution qui a l’agaçante tendance à sélectionner ce qui est utile et dégager ce qui ne l’est pas. Autrement dit, un point de vue pourrait être que ce qui est conservé est bien pour la survie de l’espèce, ce qui ne l’est pas est mauvais…Pourquoi alors l’évolution aurait conserver les deux types d’émotions et pas seulement les bonnes?

Parce qu’elles sont nécessaires à la survie! Les bonnes émotions vous maintiennent motivés. Elles donnent une récompense quand on fait quelque chose de bon pour pour nous. La dépression est ce qu’il se passe lorsque ce moteur de la motivation a disparu, on ne voit aucun intérêt à faire les choses.

La peur, la tristesse, l’anxiété, l’angoisse, la colère… Toutes ces émotions servent à apprendre d’une situation, à tirer un enseignement. Parfois, elles servent aussi à développer des ressources nécessaires  à la résolution d’une situation. Le problème vient quand elle se déclenche trop vite pour des choses par appropriées. Par exemple, parler en public qui déclenche de l’angoisse.

 

 A la recherche du bonheur

 

C’est quasiment un mantra aujourd’hui. Tout le monde veut le « bonheur ». Si on demande la définition ce sera déjà plus compliqué, mais l’idée générale c’est de se sentir bien le plus souvent possible. Je pousserai presque à dire joyeux ou enthousiaste à la place de bien. C’est encore mieux si c’est visible (de préférence sur instagram).

Quelles sont les solutions pour cela? Générer le plus souvent possible des émotions positives. Pour cela le plus simple est d’aller chercher les hormones de la récompenses et du bien-être ou même de l’agressivité. Acheter des trucs, manger trop, faire du sport à outrance, chercher l’approbation des autres ou leur domination, se prendre des shoots avec de la respiration, des pratiques extrêmes ou des psychotropes (alcool, tabac jusqu’aux drogues dures). Combiner l’ensemble est aussi une stratégie efficace.

Dit comme cela, est-ce vraiment du bonheur?

 

Courir derrière les bonnes émotions et fuir les mauvaises, une chimère

 

Quand je pense à cette question, j’ai toujours en tête ces personnes qui vont toujours bien, qui paraissent toujours super heureuse, pleines d’énergies et qui quand on regarde leur vie, on se rend compte qu’elles sont dans une très mauvaise situation. En général, elles multiplient les voyages, les activités diverses et variées, sans jamais réussir à se poser.

Avec ma grille de lecture et mon approche du travail, ce comportement s’explique bien en deux points. Le premier est que ces personnes cherchent toujours plus cette sensation de « bonheur », ils en sont accros. Ils ne peuvent pas trouver ce bonheur dans une pratique régulière parce que la nouveauté est ce qui apporte le plus cette émotion simple donc ils papillonnent. Deuxième point, il y a une fuite constante de ce qui leur fait se sentir mal. Par conséquent, cela va se manifester par une intolérance totale à la frustration. Très difficile donc de rentrer dans une pratique qui va changer les choses.

La pratique ne pourra être que superficielle avec un fort succès pour ce qui apporte des effets forts en quelques minutes ou quelques jours. Malheureusement, les effets ne durent pas et les gens vont voir ailleurs. D’où un turn-over important d’ailleurs.

Les personnes vont donc se sentir en dents de scie, avec une sensation de bien-être éphémère qui va redescendre et les mettre en face d’un mal-être avant de retrouver quelque chose (ou quelqu’un) qui les fasse se sentir mieux avant de recommencer.

 

Quelles émotions rechercher alors?

 

En fait, mon travail consiste à ne pas rechercher les émotions. Ni les bonnes, ni les mauvaises. Simplement à être conscient qu’elles sont là et à ne pas les bloquer dans mon corps. Les émotions partent d’une analyse mentale qui va ensuite envoyer dans le corps une énergie qui va le faire réagir. Cette réaction est un mouvement. Or, chercher à empêcher un mouvement de circuler n’est jamais une bonne idée. Par conséquent, chercher à maintenir une émotion positive n’est pas mieux que maintenir une émotion négative. Notez qu’à aucun moment, la conscience n’est impliquée là-dedans.

Ce que je recherche donc par la pratique est un équilibre où les variations émotionnelles, bien présentes, ne vont juste pas être enregistrées dans le corps et à être conscient mais non soumis à ces variations. Ceci mène à une forme de constance d’humeur, reposante où on peut parfaitement apprécier quelque chose d’agréable mais ne pas s’accrocher dessus. De le même manière, les émotions négatives seront pleinement vécues et traitées mais sans qu’elles restent des années dans le corps à gêner. Cet état permet également un travail plus profond où d’autres questions viennent à être posées.

Mon travail ne vous permettra donc pas d’atteindre le bonheur, juste le calme et la présence.

 

Les applications des émotions dans la motivation

 

Ceci a une application très concrète dans le domaine de la motivation. Travailler la motivation doit mener au flow, cette état où on performe au maximum de ce que l’on peut parce que tout est uni. Ce flow est difficile à atteindre lorsque les émotions sont présentes.

Or, beaucoup de stratégies motivationnelles visent à chercher les circuits de la récompenses. Or, ceci peut aller contre certaines émotions ou valeurs ancrées. Se libérer de ces motivations et de ces émotions peut permettre justement d’aller chercher le flow plutôt qu’une émotion qui mène au flow.

C’est là que les techniques respiratoires vont amener le plus d’effets.

 

Conclusion

 

Classer les émotions en positif ou négatif est une impasse. Une émotion est un signal, pas une finalité. Un signal qu’il soit positif ou négatif est toujours intéressant. c’est quand il devient un centre d’attention qu’il devient un problème. Chercher à différencier les émotions de qui (ce que) vous êtes devrait donc être la priorité plutôt que la recherche infinie d’émotions positives.

Cet état sera la bonne base pour modifier réellement des choses chez nous mais aussi sur l’extérieur.

Voilà, j’ai fini avec cet article, il me semblait important de définir ce que je recherche dans le travail que je propose sur le blog et sur le travail sur les émotions en particulier.

Pour aller plus loin, je vous renvoie aux exercices décrits ou alors sur mes cours de respiration en ligne que je commence le 28 octobre! Pour vous inscrire c’est ici.

A bientôt

 

Yvan

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