Ma routine respiratoire pour résister au froid

bien-être, Rebo2t, Respiration, système nerveux, technique respiratoire

L’hiver est là, il commence à faire relativement froid. Du coup, j’en profite pour retravailler l’exposition au froid. Pourquoi? Parce que fait intelligemment, s’exposer au froid présente de nombreuses vertus. En plus de cela, c’est un excellent test pour vérifier que vous êtes bien capable d’utiliser votre système nerveux autonome pour générer suffisamment de chaleur pour compenser le froid environnant. C’est ainsi que je reste en short pendant une petite demi-heure immobile tôt le matin aux environs de -1/-2 °C, en utilisant uniquement la respiration pour me réchauffer. J’ai décidé de partager cette routine si certains auraient envie de s’exposer au froid.

Les bienfaits du froid

Cela peut paraître bizarre d’aller s’exposer au froid. Pourtant l’exposition au froid présente de nombreux intérêts. Le froid stimule le métabolisme, fait travailler le système cardio-vasculaire, renforce l’immunité. Il n’y a pas besoin d’une exposition extrême au contraire. Une douche à moins de 12°C est aussi efficace qu’à 0°C. Se balader en t-shirt à 16°C également. L’idée n’est pas de chercher le spectaculaire mais de travailler sur la santé.

L’autre avantage du froid est de nous mettre en position inconfortable. C’est dans l’inconfort qu’on évolue. Supporter le froid permettra donc de travailler dans la difficulté sans se mettre en danger. Ceci est une notion importante, faire la distinction entre ce qui est nécessaire et ce qui devient dangereux. Par exemple, savez vous qu’on ressent une sensation de brûlure en mettant son doigt dans une eau à 52°C qui nous donne le réflexe de le sortir? Pourtant, l’eau brûle vraiment autour de 85°C (edit). Par conséquent, on peut travailler à 50 °C sans danger mais en étant vraiment en difficulté. C’est pareil pour le froid. Ce n’est pas une histoire de concours ou de faire des belles photos, cela ne travaille que l’égo et donc vous déséquilibre. L’opposé de ce à quoi la pratique respiratoire doit tendre. Bref, utilisez le froid pour vous mettre en difficulté, il fait partie des 5 outils intéressants à utiliser. Je ferai un article spécifiquement là-dessus.

L’objectif de la respiration dans le travail au froid

L’objectif de la respiration dans ce cadre va être de générer de la chaleur et de la conserver! Si vous perdez de la chaleur en respirant, vous allez vous refroidir. La respiration va donc devoir conserver la chaleur. Ensuite, il va falloir pour une fois stimuler l’orthosympathique pour mettre le corps en mode défense. Les systèmes cardio-vasculaire va faire en sorte de garder votre chaleur en contractant les vaisseaux sanguins et conserver le sang chaud au niveau du coeur et du cerveau. Ensuite, il va falloir générer de la chaleur par de l’activité musculaire. Or, sans bouger, cela va se faire en luttant contre la pression respiratoire. Enfin, on va coupler la respiration à la visualisation pour maintenir la sensation de chaud.

Pour faire cela, contrairement au travail avec une douche froide qui sera différent, on va commencer en se couvrant le plus possible. Commencez à respirer tranquillement, fixez votre visualisation et au fur et à mesure que vous avez chaud, enlevez des couches de vêtements. A chaque étape, assurez-vous de maintenir visualisation et sensation de chaud.

Quand intervient le mental dans ce cadre? Le mental va devoir rester stable et ne pas se laisser emporter par le signal froid. En effet, vous le sentirez toujours et plus vous enlèverez de couches plus vous le sentirez. Toutefois, sentir le froid ne veut pas dire avoir froid. Vous devez fixer votre mental sur la sensation de chaud dans votre corps et ne prendre le froid comme de l’information. Tant que le froid ne rentre pas dans le corps, la sensation de froid n’est qu’une information mentale.

Ma routine matinale du froid

  • Je sors très couvert (couverture, polaire, t-shirt, pantalon, gants, chaussette) très tôt le matin ( entre 6 et 7 heure), je visualise un feu et imagine la sensation de chaleur dans les poumons.
  • Respirez en respiration naturelle mais par le nez et par le ventre, ce qui évite l’entrée d’air froid dans les poumons et d’expirer de l’air chaud.
  • Au bout de 5 respirations, faîtes une apnée pleine et compressez vos poumons avec les muscles du  dos et de la poitrine. Par contre, vous ne devez pas sentir de pression dans la tête. Expirez.
  • faîtes de la respiration rythmique par le nez uniquement pendant une trentaine de secondes
  • Finissez par une apnée vide
  • Reprenez le cycle.
  • Enlevez une couche si vous sentez que vous avez chaud. Sinon, reprenez un cycle
  • Déshabillez vous jusqu’à être uniquement en short
  • Restez ainsi entre 10 et 20 minutes. Arrêtez quand le froid commence à rentrer dans le corps. Sinon, arrêtez vous au bout de 20 minutes si vous le faîtes en routine, allez plus loin n’est pas intéressant à faire au quotidien. Vous pouvez vous challenger une fois de temps en temps.
  • Vous pouvez ensuite aller prendre une douche froide ou commencer par du froid puis repasser au chaud, l’idée étant de profiter de votre sensation de chaud pour la tester face à l’eau froide.

Conclusion

Cette petite routine permet de commencer la journée plein d’énergie, en ayant fait un petit travail physique et un gros travail respiratoire. Prenez le temps qu’il faut pour y arriver, il n’y a pas de compétition. Tout ce que vous ferez fera du bien au corps. Aller trop vite peut le rendre malade. Si vous n’arrivez pas à passer une couche, restez 10 à 20 minutes et arrêtez l’exercice. Il faudra le faire dans la durée, inutile de se stresser pour rien. Par contre, quand vous y arriverez, vous serez surpris de ne pas être dérangé par le froid et de pouvoir vous balader en t-shirt sans gros soucis.

Le froid n’est qu’un élément stressant parmi d’autres. Par exemple, il y a des exercices similaires à faire dans un sauna ou un hammam pour stimuler le corps face à des environnements trop chauds. Cela fera l’objet d’articles à venir.

En tous cas, expérimentez puis laissez vos impressions dans les commentaires! N’hésitez pas à rejoindre le groupe facebook pour partager vos questions et vos expériences et la page facebook pour vous tenir informés! Enfin, si vous voulez développez votre respiration naturelle, téléchargez le livre numérique gratuit: huit exercices pour développer la respiration naturelle en cliquant en haut à droite de votre écran 😉

A bientôt

Yvan

6 réponses sur “Ma routine respiratoire pour résister au froid”

  1. Salut,

    ça ressemble à du Wim Hof mais à l’envers,mois c’est respiration profonde,apnée après l’expir jusqu’à saturation ensuite récup par respiration explosive jusqu’à l’état « normal »,je recommence une deuxième fois puis trois et après douche « écossaise » en respiration forcée.A la fin que du bonheur et on a très chaud et c’est super-déstressant!

  2. Hello,

    non, je ne passe pas du tout par une phase d’hyperventilation par rapport à la méthode Wim Hof. Du coup, je n’ai pas la sensation du shoot d’endorphine qui plaît tant dans la méthode Wim Hof.

  3. Bonjour Yvan,

    Je viens de lire votre ebook « 8 exercices », c’est bien et j’y ai appris quelques choses mais concernant vos exercices et puisque vous faites souvent référence à la méthode Buteyko, je suis très décu de constater que ce ne sont pas des exercices suggérés par Dr Buteyko. Même l’exercice 8 (Respire moins qui vient de « breath light) n’est pas bien démontré puisque l’expiration est doit toujours être 1.5 x plus lente que l’inspiration.

    En passant, je suis instructeur certifié pour Oxygen Advantage® qui, comme vous le savez, est le programme monté par Patrick McKeown qui a étudié avec professeur Buteyko.

    1. Bonjour Marc et merci pour votre retour!

      Effectivement, je cite souvent Buteyko parce qu’il est disruptif sur l’approche de la respiration et je suis avec intérêt les études qui sont en cours sur son travail puisque je pense que cette logique est fondamental Par contre, mon approche n’est pas spécialement basé là-dessus. je m’appuie sur ces théories pour structurer et expliquer des exercices qui viennent souvent du systema russe. Concernant l’exercice 8, c’est typiquement un de ces exercices où nous montons temps après temps les cycles inspiratoires/expiratoires. On ne fait pas spécialement 1,5. Par contre, si vous avez la raison physiologique décrite pour laquelle vous faîtes 1,5 fois plus, je suis curieux de savoir. En pranayama, ils font des exercices avec longues expirations/ inspirations sur le même temps, idem en Qi-Qong de ce que j’ai vu.

      Félicitations pour votre diplôme, c’est bien d’avoir des représentants oxygen advantage français!

      A bientôt

  4. Quelques âneries qui décrédibilisent tout:
    Brulure de l’eau seulement à environ 100 degrés…
    Respiration abdominale qui ne fait pas entrée de l’air froid dans les poumons…

    1. Bonjour Edgar et merci pour se commentaire étayé et mesuré!

      J’ai décidé tout de même de le publier parce qu’il donne l’occasion de donner des infos supplémentaires qui pourront faire l’objet d’un article.

      Tout d’abord, comme je le dis dans l’article, la sensation de brûlure arrive à 52°C. La sensation de brûlure arrive pour qu’on ait le réflexe de retirer la main immédiatement, pas de passer trois heures sous l’eau. En retirant la main immédiatement, après vérification, il faut atteindre environ 85 degrés pour se brûler (source: http://www.accuratebuilding.com/services/legal/charts/hot_water_burn_scalding_graph.html) … Ceci n’avait que pour but d’illustrer la marge que nous laisse notre capacité à réagir avant le danger réel et que nous pouvons donc exploiter cela pour mettre le corps sous stress sans danger.
      Ensuite, concernant l’air froid qui rentre dans les poumons, l’intérêt de la respiration naturelle faîtes par le nez et le ventre et de fortement réduire le débit d’air, ce qui permet à l’air de bien se réchauffer avant d’aller dans les poumons contrairement à la bouche. PAr exemple dans cette étude: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1097/00005537-200004000-00021 il y a environ 8°C de différence entre la température extérieur et l’air qui arrive dans les poumons à un débit d’air de respiration normale. Dans cette étude: Nasal air temperature and airflow during respiration in numerical simulation based on multislice computed tomography scan, il est montré que le débit d’air influe sur la température de l’air atteinte dans le nez. Donc si, la respiration naturelle, par le nez faîte avec le ventre permet bien de réchauffer l’air pour qu’il ne soit plus froid en atteignant les poumons. Ce qui est d’ailleurs connu dans pas mal de pratiques respiratoires…

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