Comment mieux gérer les peurs ancrées par la Respiration?

émotions, Respiration

Nouvel article dans la série sur les émotions! On s’attaque cette fois aux peurs ancrées. Peut-être l’émotion la plus primale et la plus vieille qui est apparue chez les êtres vivants. En effet, la capacité d’avoir peur est nécessaire à notre survie. Comme toute les émotions, elle va donc avoir un rôle pédagogique important. Le problème, comme les autres émotions apparaît quand elle devient trop présente. Elle va nous prendre jusqu’à ne plus pouvoir agir. J’ai déjà écrit un premier article sur la peur où j’ai décrit différentes stratégies à utiliser lorsqu’elle se présente.

Pourquoi ce nouvel article? Parce que dans cet article, je vais plutôt m’intéresser aux peurs ancrées et comment les ressortir. Ceci est important parce qu’il arrive que l’on se construise autour de ces peurs et qu’elles aient donc une importance disproportionnée. Découvrons donc ici comment faire sortir ces peurs!

Les peurs ancrées, un problème non résolu, la Peur, un problème insolvable?

 

Dans l’article précédent, je me suis concentré sur la gestion d’une peur ponctuelle. Ici, je vais parler des peurs ancrées. Néanmoins, avant de venir dans le coeur du sujet, je vais revenir au travail général des émotions.

La colère vous met en face de votre non toute-puissance. La tristesse vous met en face du fait que le monde tourne que vous le vouliez ou non. La peur alors? Et bien toujours plus dans l’insignifiance, elle nous met en face de la précarité de notre existence. En effet, les peurs sont ce qui nous permet de réagir à l’approche du danger mais il y a une Peur primale que tout le monde a, la peur de disparaître. Peut-on réellement travailler là dessus? La réponse est oui. Mais je ne vais pas m’intéresser à ça directement. De cette peur primaire se dérive tout un tas de peur autour des quelles on va se structurer.

Ceci va nous enfermer dans des schémas, plus ou moins agréables, plus ou moins handicapants. Ce sont ces schémas que nous allons traiter dans un premier temps et sur lesquels nous aurons un véritable effet.

 

Prendre conscience des peurs ancrées qui nous structurent

 

Tout d’abord,  je tiens à insister sur ce point, quand je parle de peurs qui nous structurent, je parle au premier degré! Elles nous structurent à un niveau postural (au moins dans un premier temps)! Comment savoir où se loge la peur dans vos muscles? Prenez un matelas et des coussins. Placez-vous dos au matelas debout et tombez droit dessus. Essayez de vous concentrer sur ce qui s’est passé juste avant la chute. Où est-ce que le corps a réagit? Ces endroits vous donne une bonne idée d’où la peur se loge.

Comment la déloger alors? Par un appui sur la zone jusqu’à ce que ce soit désagréable et via de la respiration rythmique jusqu’à ce que la douleur s’en aille et que le tissu se relâche. Cet appui peut se faire de différentes façon, avec les doigts, le poing, un manche de marteau et si vous êtes avec un partenaire, avec une frappe :P. Un point crucial dans ce travail est de respirer en étant focalisé (mais pas concentré) sur le point de douleur. L’erreur serait de se concentrer sur la respiration pour l’oublier. Non, on veut vraiment vivre cette douleur pour que la peur ressorte et qu’on l’expire. D’ailleurs, il se peut que cela vous ramène à de vieilles situations qui ont construit cette peur.

Un bon indicateur pour voir si de la peur reste dans le corps est de voir la mobilité naturelle dans les zones de peur. Dès qu’il y a une restriction, c’est qu’il y a encore quelque chose à travailler. Lorsqu’on est habitué à faire ce travail, il est très facile de voir ces peurs simplement en regardant les gens marcher…

Attention cependant, ce travail est à faire quand vous avez construit les outils pour pouvoir facilement changer de schéma corporel (avec la respiration complète par exemple)!

 

Les systèmes de peurs ancrées à reconfigurer

 

Une fois ces peurs éliminées dans le corps, il reste un travail sur les peurs qui vont structurer notre comportement. Là, ça va être plus dur… Et plus long. Néanmoins, avec un corps plus disponible, des outils efficaces pour regarder la peur en face, une habitude des peurs, vous serez armés pour aller chercher ces dernières.

D’abord, il faut l’identifier. Le premier obstacle se situe ici. Le gros de notre comportement est à priori basé sur une réponse à la peur. Cela jusqu’à ce que vous ayez trouver ce qui peut remplacer cette construction. Il va falloir donc trouver la nature de cette peur. Et pour ça se poser la question pourquoi. Cet exercice est inspiré par le travail de Serge Gilette que vous pouvez retrouver sur ce lien et qui est aussi un moniteur de l’Ecole de la Respiration.

Pourquoi je réagis comme ça dans telle situation qui me génère une émotion. Si vous descendez assez bas dans la succession des pourquoi expliquant votre réaction, vous tomberez sur une peur. Vous la reconnaîtrez parce que vous n’en serez pas fier. Si vous tombez sur quelque chose d’honorable, chevaleresque ou politiquement correct, vous n’êtes pas au bon endroit.

Pour faire cela, posez-vous au moins 10 minutes. Mettez en place une respiration en carré pour être très disponible. Remémorez-vous la situation puis demandez-vous pourquoi. Et descendez. Si vous avez du mal à descendre, respiration rythmique jusqu’à ce que vous retrouviez le calme. Si la peur monte physiquement, passez immédiatement à une respiration explosive. Puis poursuivez. Que faire lorsque la peur est identifiée? Eh bien vous aurez un choix. Assez évident mais qui vous sera personnel. Et vous saurez sûrement quoi faire… Si vous le faîtes, vous verrez cette peur se dissoudre petit à petit.

 

Conclusion

 

Voilà pour les peurs ancrées et comment aller les chercher. Ceci est l’avant-dernier article sur la série des émotions. Certains se rappeleront du problème de la peur primale de la dissolution mais je ne donnerai pas de solution pour celle là. Vous avez déjà à faire avec les autres ;)!

Quelle est la situation idéale face à la peur? De garder les peurs immédiates et de les gérer dans la foulée. ceci permet de capter l’information qu’elles amènent. Pour les ancrées, une fois que vous avez identifiées à quoi elles correspondent, vous avez l’information. Inutile alors de les garder, c’est ce que nous avons vu ici.

Après la peur, il reste un dernier article: l’excitation/ la joie. Pourquoi travailler dessus alors que c’est une émotion dite positive? C’est ce que nous verrons dans le dernier article de cette série!

 

A bientôt

 

Yvan

 

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